Vous avez aimé les #Statalacon ? Vous allez adorer les #Testalacon ! La presse a parlé récemment d'un nouveau test capable d'identifier les sujets à risque de maladie d'Alzheimer. Ce test ne remplit aucune des conditions nécessaires pour espérer dépister un jour cette maladie, à supposer que ce dépistage soit utile !

Un test sanguin pour identifier une forme très rare de la maladie d'Alzheimer
Un test sanguin pour identifier une forme très rare de la maladie d'Alzheimer © Getty / TEK IMAGE/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Beaucoup de gens pensent que les tests médicaux sont fiables à 100%, qu’il répondent sans ambiguïté à la question posée : est-ce que j’ai, ou est-ce que je vais avoir telle ou telle maladie. Or, en pratique, un test donne une probabilité, un pourcentage de risque de développer la maladie. Pour le test HIV par exemple, le résultat est fiable à 99,9% c’est un test quasiment parfait. A l’inverse, on peut avoir un électrocardiogramme normal et faire une crise cardiaque en sortant de chez le cardiologue, ou au contraire avoir un électrocardiogramme inquiétant avec un coeur en parfaite santé.

Un même test n'a pas la même valeur chez tout le monde

Pour calculer le risque associé à un test positif, il faut connaître le risque initial, le risque théorique que l’on présentait avant de passer le test. Par exemple, un test de grossesse positif n’a pas la même signification chez une femme de 28 ans et une de 58 ans chez qui un test de grossesse positif aurait infiniment plus de chances d’être erroné que chez une femme jeune.  Un #Testalacon est soi un test peu discriminant qui est trop souvent négatif chez les malades, et trop souvent positif chez les bien-portants, ou un test pratiqué chez des gens dont le risque est si faible au départ qu’un résultat positif est presque toujours erroné, comme notre test de grossesse chez une femme ménopausée.

Ce futur test cumule tous les défauts

Ce test est un cas d’école de #Testalacon car il cumule ces deux défauts. Tout d’abord, ce test sanguin ne concerne qu’une forme héréditaire et très rare de la maladie d’Alzheimer. Donc son résultat ne sera interprétable que chez ces personnes à haut risque et pas chez monsieur ou madame tout le monde.

Ensuite, même chez ces sujets à haut risque, sa capacité à identifier les futurs malades est tellement médiocre qu’elle n’est même pas chiffrée. On ne connaît par le pourcentage de risque de développer la maladie en cas de test positif. Cette étude montre simplement un lien statistique entre la progression du taux sanguin d’une substance d’origine cérébrale et l’apparition future d’une maladie d’Alzheimer. 

D'après les auteurs, le test serait plus fiable quand les premiers symptômes de la maladie apparaissent ! Cela ressemble à une blague : ce test prédit mieux la maladie d’Alzheimer quand elle a déjà débuté... Pierre Dac et Francis Blanche n'auraient pas fait mieux.

Enfin, ce test appartient à la catégorie des #supertestalacon : ceux qui diagnostiquent une maladie incurable, et qui permettent donc de se pourrir la vie inutilement bien avant d’être malade sans en retirer le moindre bénéfice.

En fait, cette publication aurait dû rester confinée dans le huis-clos de la recherche, au lieu d'être médiatisée comme un futur test utilisable en pratique clinique. Je ne sais pas à qui profite le crime, mais c’est vraiment pathétique.

Note : ce test de dépistage n'a pas de lien avec un test de confirmation, bientôt commercialisé, destiné à confirmer le diagnostic de maladie d'Alzheimer lorsqu'il est suspecté devant des symptômes évocateurs.

Source :
Preische, Oliver, et al. "Serum neurofilament dynamics predicts neurodegeneration and clinical progression in presymptomatic Alzheimer’s disease." Nature medicine (2019): 1.

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