A côté de son usage récréatif illégal, le cannabis contient des principes actifs qui soignent certaines maladies.

Plantation de cannabis
Plantation de cannabis © Getty / Kevin Cummins

Un sondage IPSOS publié lundi montre pour la première fois qu’une courte majorité de français est favorable à la dépénalisation partielle du cannabis. Or, le cannabis concerne la santé à plus d’un titre.

Les plants femelles du chanvre indien sécrètent une résine riche en principes actifs appelés cannabinoïdes. Le principal mode de consommation de ces cannabinoÏdes est identique à celui de la nicotine : il consiste à fumer la plante séchée ou la résine mélangées à du tabac.

Les usages médicaux des dérivés du cannabis sont nombreux, et malheureusement mal étayés scientifiquement. Il faut dire qu’il n’existe quasiment pas de financement pour mettre sur pied des études cliniques très coûteuses comme celles réalisées pour les médicaments. La recherche s’intéresse surtout à la variété d’effets des principaux cannabinoïdes, naturels ou de synthèse, effets qui peuvent être très différents, par exemple entre le tetrahydrocannabinol, plutôt euphorisant, et le cannabidiol, plutôt relaxant.

Deux usages médicaux sont assez convaincants : la diminution des nausées induites par les chimiothérapies anticancéreuses, et le traitement d’appoint de la sclérose en plaque. Il existe d’ailleurs un médicament disposant officiellement d’une autorisation de mise sur le marché pour la sclérose en plaque, le Sativex, sous forme d’un spray buccal. Il n’est toujours pas commercialisé en France à cause d’un conflit sur le prix demandé par le laboratoire : 30 euros par jour en moyenne.

Dans de nombreux états nord-américains, une simple ordonnance de son médecin permet d’acheter différentes variétés de cannabis, souvent cultivées localement en toute légalité. Nous en sommes loin en France, bien que l’expérience américaine soit plutôt rassurante sur l’impact de cette libéralisation.

La nouveauté réside dans l’apparition de cigarettes électroniques qui permettent de chauffer le cannabis pour inhaler les principes actifs sans combustion, et donc sans les risques associés au tabagisme. C'est sans doute une voie d'avenir, en gardant à l'esprit que comme tout médicament, le cannabis est associé à des risques d’effets secondaires, et que son usage, même modéré, ne doit en aucun cas être banalisé.

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