Comment on est passé, en quelques années, du secouriste bénévole isolé à une chaîne de solidarité faisant intervenir le meilleur des nouvelles technologies de l'information et de la communication pour sauver les victimes d'arrêts cardiaques.

Du secourisme 2.0 

Quand le cœur s’arrête ou s’emballe au point d’être inefficace, la tension artérielle s’effondre, le cerveau n’est plus irrigué et le décès est imminent. Un massage cardiaque peut parfois être salvateur s’il est pratiqué dans les minutes qui suivent l'arrêt, mais malheureusement, l’ambulance de réanimation arrive souvent trop tard. 

Les suédois ont eu il y a quelques années l'idée géniale de faire intervenir les secouristes se trouvant sans le savoir à proximité du malade, en les notifiant sur leur smartphone. Des secouristes volontaires ont donc installé sur leur mobile une application gérée par l'équivalent suédois du SAMU qui les localise et alerte ceux qui sont les plus proches de la victime lorsqu’un arrêt cardiaque est signalé.

Ces sauveteurs peuvent ainsi démarrer très rapidement un massage cardiaque efficace et maintenir le patient en vie en attendant les secours. C’est le bon côté du Web 2.0 ! L’apport incontestable du numérique face à un problème de santé grave et fréquent. 

Le Royaume-Uni a fait le choix de la pédagogie virale

De son côté, la British Heart Foundation a créé et diffusé une vidéo aussi drôle que pédagogique pour enseigner au public la pratique du massage cardiaque, sur l’air de Staying Alive des Bee Gees. 

Cette vidéo est devenue virale et a permis de former des millions d’anglophones aux bases d’un massage cardiaque efficace. D’autres pays ont d’ailleurs imité les anglais avec plus ou moins de succès.

La France a opté pour les défibrillateurs

Les Français sont restés très  "Old school” : nous avons installé un peu partout des défibrillateurs automatiques dans les lieux publics, dans les entreprises, en espérant que les gens auraient le bon goût de faire leur malaise à côté d’un défibrillateur et que quelqu’un saurait s’en servir.

Mais tout à changé en 2018 ! Nous avons fusionner les meilleures solutions : une application  permet au SAMU de localiser et notifier le secouriste le plus proche d’un arrêt cardiaque, mais aussi de localiser un éventuel défibrillateur à proximité. La victime bénéficie donc d’une intervention humaine rapide, et d’un équipement permettant de réaliser un choc électrique salvateur. Les SAMU départementaux y viennent les uns après les autres et l’application s’appelle Sauvlife. Nous disposons, enfin, d’une solution efficace, au moins en milieu urbain où la densité de secouristes disponibles est plus forte.

Il manque juste la vidéo française...

Tout est donc parfait, ou presque, car il manque la vidéo pédagogique et rigolote à l’anglaise, qui nous apprendra  à masser en musique. Il faudrait donc que la Fédération Française de Cardiologie trouve un peu de temps entre deux partenariats industriels pour imiter ses confrères britanniques qui ont si brillamment ouvert la voie.

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