Après le sport sur console de jeu, nous entrons dans l'ère des "fitness games", qui poussent à l'action les adeptes des jeux utilisant la réalité augmentée.

Des chercheurs de l’université Stanford et la société Microsoft se sont associés pour étudier l’impact de la chasse au Pokémons sur l’activité physique des joueurs.
Des chercheurs de l’université Stanford et la société Microsoft se sont associés pour étudier l’impact de la chasse au Pokémons sur l’activité physique des joueurs. © AFP / NOEL CELIS

Les serious games sont des jeux qui permettent de cultiver son esprit en s’amusant. Les fitness games pourraient constituer l’équivalent pour la culture physique. Qu’ils fonctionnent sur une console de jeux ou un smartphone, ils sont destinés à inciter subtilement les paresseux à secouer leur graisse.

Deux publications récentes ( du JMIR et du BMJ) se sont penchées sur l'impact du jeu Pokémon Go qui a connu un succès planétaire il y a quelquesmois .

Des chercheurs de l’université Stanford et la société Microsoft se sont associés pour étudier l’impact de la chasse au pokémon sur l’activité physique des joueurs.

Les données sur l’activité physique proviennent de 30000 porteurs du bracelet numérique microsoft qui ont accepté que leurs données personnelles soient traitées anonymement pour faire de la recherche médicale. Ce bracelet comporte un gyroscope, un accéléromètre et de nombreux capteurs qui fournissent des données plus précises qu’un simple smartphone porté au bras.

Parmi ces 30000 porteurs de bracelet, l’analyse de leurs recherches sur le site Bing (équivalent Microsoft de Google) a permis d’identifier 1400 adeptes du jeux Pokémon Go, et de quantifier cet usage en fonction de la nature et de la fréquence de leurs requêtes sur le moteur de recherche Microsoft.

D’autres groupes ont été constitués : des utilisateurs d’applis Fitness (et donc spécifiquement dédiées à la culture physique) et bien sûr un groupe témoin majoritairement non pratiquant.

L’engouement intense pour le jeu Pokemon Go dépasse rarement 30 jours. Les pratiquants réalisent 1000 pas supplémentaires par jour. L’impact est donc assez éphémère, mais bien réel comme on pouvait s’en douter.

Alors que les applis fitness ne stimulent que ceux qui sont déjà minces et sportifs, Pokemon Go touche tout le monde, y compris les allergiques au sport. Ca, c’est l’effet serious game : utiliser le ludique pour inciter les paresseux à travailler. Si l’activité physique retourne à son niveau initial chez la majorité des joueurs après leur désaffection pour le jeu, elle persiste à un niveau plus élevé qui ceux qui ont pratiqué intensivement, constituant sorte de bénéfice rémanent.

Les auteurs terminent leur article par une audacieuse extrapolation, bourrée d’hypothèses, qui est la suivante :

Si les joueurs de pokemon continuaient sur la durée à faire 1000 pas supplémentaires par jour, et si ces mille pas diminuaient de 6% la mortalité, comme observé dans d’autres études, et enfin si tous les américains jouaient à Pokémon Go, alors, 2,8 millions d’années de vie seraient sauvées tous les ans !

Malheureusement, les auteurs ne tiennent pas compte des vies perdues accidentellement par des chasseurs de pokémons obnubilés par leur écran et qui s’exposent à des accidents en traversant les rues sans regarder

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