Les gros sont en grande majorité des victimes de la maladie obésité, et non comme le croient les gens minces, des lavettes qui se laissent aller et manquent de courage pour contrôler leur appétit. C’est faux dans l’immense majorité des cas.

La société malmène les gros
La société malmène les gros © Getty / Hollie Fernando

Tout le monde ou presque peut perdre 5, voire 10% de son poids en faisant attention à son alimentation pendant quelques semaines ou mois, mais quasiment personne ne peut perdre 30% de son poids durablement en suivant un régime. Et pourtant, tous les minces affirment le contraire, faisant subir aux obèses la quadruple peine du handicap physique, de la culpabilisation, du mépris et de la discrimination.  Le régime amaigrissant que tout le monde recommande aux obèses a fait la preuve de son échec, voire de sa nocivité, dans toutes les études comportant un suivi prolongé.

Halte à la grossophobie

Daria Marx, militante anti-grossophobie, décrit le calvaire de l'obèse dans une vidéo sur le site Konbini.

Tout y est dit. Autant il est justifié de se mobiliser pour préserver les enfants de la junk food et des boissons sucrées, et bien sûr de les inciter à faire du sport, autant il faut avoir de la compassion pour les adultes qui ont essayé tous les régimes, dont le poids interdit tout sport intensif, et qui ne peuvent pas se permettre de passer leur vie dans une piscine. 

Demander à un obèse de 40 ans de maigrir en mangeant moins revient à demander à un alcoolique de se restreindre à un ou deux verres : tout le monde sait que c'est impossible sans médicament (le baclofène le permet parfois). Or, si l’alcoolique peut sortir totalement l’alcool de sa vie, l’obèse ne peut pas arrêter totalement de manger.

L'obésité est souvent en partie génétique

Nous savons que certains déterminants de l’obésité sont génétiques, et qu’il est donc tout aussi aussi stupide de se moquer d’un gros que d’un petit ou d'un géant. Il faut donc vraiment changer notre regard sur l’obésité : la prévenir activement dans l'enfance, ne pas la banaliser, mais aider ses victimes au lieu de les rejeter ni les discriminer comme c’est le cas actuellement. Cette demande vaut autant pour les médecins grossophobes, que pour le public qui a au moins l’excuse de ne pas savoir.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.