Un jeune prodige de 18 ans récompensé par un prix, une idée simple, un joli soutien-gorge rose contre le cancer : tout était réuni pour faire le buzz autour de... pas grand-chose !

Capture écran du site d'EVA
Capture écran du site d'EVA © EVA

Le docteur Dupagne se penche sur l'invention d'un jeune Mexicain

Il aurait inventé un soutien-gorge bardé de capteur permettant de dépister le cancer du sein. La jolie photo rose reprise partout (insérer cette photo qui est dans le dossier de presse du produit est une image de synthèse. Et comme ce soutien gorge n’existe pas encore, il n’a bien sûr jamais pu démontrer son aptitude à détecter correctement des cancers. On en est au stade de l’hypothèse de travail, ce qui est tout de même un petit peu léger pour mériter un tel engouement.

Les capteurs thermiques aussi fiables qu'une image thermographique ?

Le procédé lui-même n’a rien de nouveau, il s’agit essentiellement de la thermographie, qui consiste à analyser la température des seins avec un caméra infrarouge, sachant que la grande majorité des lésions cancéreuses sont plus chaudes qu'un tissu normal. Malheureusement, les capteurs thermiques placés dans le soutien-gorge n’atteindront jamais la précision d’une bonne image thermographique, et il s’agit donc une utilisation dégradée de cette technique par ailleurs contestée et peu employée. Le descriptif du projet prétend également analyser la couleur de la peau, ce qui semble peu pertinent, mais surtout sa texture, à savoir sa résistance à la pression. Or, la capacité d'un capteur de pression à palper correctement un sein paraît totalement illusoire pour qui sait en quoi consiste cet examen.

Bref, tout cela n’est pas sérieux, et seul le Figaro, sous la plume de Cecile Thibert, a dénoncé la mascarade en interviewant la radiologue Cécile Bour.

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