Une étude solide et très attendue confirme l'intérêt majeur de la e-cigarette dans l'aide au sevrage tabagique. Elle fait deux fois mieux que les substituts nicotiniques classiques (patchs, gommes, pastilles). Pour autant, la e-cigarette n'est pas une panacée ni un jouet, et elle ne doit jamais être "bricolée".

Où en est-on avec la cigarette électronique ?
Où en est-on avec la cigarette électronique ? © Getty / Toshiro Shimada

Une étude publiée la semaine dernière dans le prestigieux New England Journal of Medicine confirme l'intérêt de la cigarette électronique. Son objectif était de comparer l’efficacité de la cigarette électronique à celle des substituts nicotiniques classiques : patchs, pastilles ou gommes à mâcher.

Neuf-cents candidats à l’arrêt du tabac ont été randomisés, c’est à dire tirés au sort, pour créer deux groupes a priori identiques. Les sujets du premier groupe recevaient une cigarette électronique et des flacons de liquide contenant de la nicotine ; ceux de l’autre groupe un ou plusieurs substituts nicotiniques de leur choix. Les sujets des deux groupes ont bénéficié d’un soutien psychologique hebdomadaire pendant un mois. Ils ont ensuite continué à recevoir gratuitement les produits pendant un an. L’évaluation finale de l’abstinence reposait sur la mesure du monoxyde de carbone dans l’air expiré par les sujets, donc pas de mensonge possible.

Une supériorité évidente

La victoire de la cigarette électronique est sans appel puisque les vapoteurs ont été presque deux fois plus nombreux à réussir leur abstinence que les porteurs de patchs ou les suceurs de pastille à la nicotine : 18% contre 9,9%. La messe est dite, on ne pourra plus dire que la e-cigarette n’a pas été correctement évaluée. 

Ce débat sur le e-cigarette nous apporte pourtant régulièrement son lot de  #statalacons. Par exemple : un étude d’observation (médiatisée mais non publiée) a constaté que les gens qui utilisent une cigarette électronique ont plus de risque de fumer des cigarettes et de faire des infarctus que ceux qui n’en utilisent pas. Quand on sait que les vapoteurs sont quasi exclusivement des anciens fumeurs, et que beaucoup d’entre eux continuent à fumer occasionnellement des cigarettes de tabac, on comprend pourquoi cette statistique ne permet pas d’incriminer la cigarette électronique. C’est un peu comme si on nous expliquait que les gens qui fréquentent les alcooliques anonymes boivent plus souvent de l’alcool et font plus de cirrhose du foie que les gens qui n’y vont pas. Il serait stupide d’en tirer la moindre conclusion, car bien sûr seuls les alcooliques fréquentent ce type de réunion.

Anodine, la e-cigarette ?

Certainement pas. Elle peut être irritante pour la gorge ou les bronches et le mieux, c’est bien sûr d’être non fumeur et non vapoteur. La e-cigarette doit rester exclusivement un moyen de sortir du tabagisme. Mais jusqu’à preuve du contraire, elle n’expose qu’à des risques minimes et souvent théoriques, sauf peut-être chez certains bricoleurs imprudents. On recense au moins deux décès, et des dizaines de blessures graves liées à l’explosion de cigarettes électroniques, soit modifiées pour produire plus de fumée, soit bricolées avec des constituants à bas prix. Donc, attention : un liquide qui peut s'enflammer à très haute température, une résistance chauffante, et une batterie au lithium dans le même conteneur, cela nécessite des précautions et surtout l’absence d’initiatives dangereuses : une cigarette électronique n’est pas un jouet !

Vidéo issue d'une caméra de surveillance dans un bus montrant une cigarette électronique qui prend feu 

Source :
HAJEK, Peter, PHILLIPS-WALLER, Anna, PRZULJ, Dunja, et al. A randomized trial of e-cigarettes versus nicotine-replacement therapy. New England Journal of Medicine, 2019.
DOI: 10.1056/NEJMoa1808779

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