La chaîne télévisée ARTE a diffusé le 18 octobre le documentaire d'Anne Georget “Cholestérol, le grand bluff”, qui connaît retentissement mérité.

Médicaments et doughnut
Médicaments et doughnut © Getty / Peter Dazeley

La reconstitution historique de la phobie du cholestérol est vraiment très parlante. On comprend enfin comment les graisses saturées ont pu jouer le rôle de bouc-émissaire pendant si longtemps. Ce que démontre la minutieuse enquête d’Anne Georget, c’est que la prévention de l’infarctus ne peut reposer sur l’exclusion des graisses animales, ni sur le contrôle du taux de cholestérol sanguin. Cette enquête nous apprend que le seul régime qui protège le cœur des occidentaux est le régime méditerranéen, qui contient pourtant des graisses saturées et qui n’est pas destiné à faire baisser le cholestérol.

Ce documentaire confirme qu’il est absolument inutile de connaître ou de faire baisser son taux de cholestérol, ce qui est quand même une vraie révolution !

Le sujet des médicaments est plus difficile. Dans la mesure où le cholestérol sanguin n’est pas la cause de l’infarctus, il en découle qu’il est inutile de le faire baisser avec des médicaments chez les bien-portants. C’est d’ailleurs ce qui ressort de la majorité des études cliniques réalisées à ce jour. En revanche, les médicaments de la famille des statines diminuent significativement le risque cardiovasculaire, mais uniquement chez les sujets ayant déjà fait un infarctus ou qui cumulent les facteurs de risque. Il est paradoxal de constater que, les statines, destinées à faire baisser le cholestérol, ne servent à rien chez les bien-portants qui ont trop de cholestérol, mais qu'elles protègent des patients à haut risque d’infarctus ou de récidive d’infarctus, même si leur taux de cholestérol sanguin est bas.

Les cardiologues invoquent un effet anti-inflammatoire sur les artères, mais en fait, on ne comprend pas bien d’où vient cette protection, par ailleurs modeste. Dans le documentaire, des médecins nient l’existence de cette protection ciblée en affirmant que toutes les études qui la soutiennent ont été falsifiées, ce qui est possible, mais aussi très improbable.

Il est important de bien faire la différence entre l’inutilité des statines pour faire baisser le cholestérol des bien-portants, et l’intérêt modeste, mais réel de ces mêmes médicaments chez les sujets à haut risque, quel que soit leur taux de cholestérol, et en le mettant en balance avec le risque non négligeable d’effets secondaires de ces médicaments.

Le documentaire "Cholestérol le grand bluff" est accessible sur le site d'ARTE jusqu'au 17 novembre .

Pour en savoir plus infos sur www.atoute.org

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