L’impact de la pleine lune sur l’espèce humaine est un véritable "marronnier" scientifique. On sait par exemple que l’augmentation des accouchements lors de la pleine lune est une légende. Pour ce qui est du sommeil, on dispose également d’une synthèse de différents travaux qui ne semble pas confirmer un effet lunaire.

Pleine Lune
Pleine Lune © AFP / Anne-Christine Poujoulat

Pourtant,  une étude particulière et qui paraît convaincante, met en évidence un impact de la pleine lune sur le sommeil.  

ll s'agit d'une véritable étude expérimentale, réalisée sur 32 sujets dormant dans une pièce sans fenêtre. Leur électroencéphalogramme était enregistré en continu, ainsi que d’autres données objectives comme le taux sanguin de mélatonine, l’hormone de l’endormissement. L’équipe bâloise du Dr Cajochen a constaté une diminution de 20 mn de la durée du sommeil lors de la pleine lune, et des variations du taux sanguin de mélatonine évoluant dans le même sens.

Malgré le petit nombre de sujets ayant participé à l’étude, ces différences sont significatives ! C’est à dire que la probabilité pour qu’elles soient liées au seul hasard est inférieure à 5%.
Mais il y a surtout un élément très important qui donne du poids à cette publication et permet d’être quasiment sûr qu’aucun biais ni fraude, volontaires ou non, n’interfèrent avec ses conclusions :  cette étude n’a pas été réalisée dans le but d’étudier l’impact de la lune sur le sommeil !

Son objectif était d'analyser les variations de l’activité cérébrale et biologique sur un cycle de 24h chez des sujets volontaires et bien-portants. C'est bien des années après que les chercheurs ont eu l’idée de réutiliser leurs données pour évaluer l’impact lunaire, en reprenant la date des enregistrements et donc la phase lunaire correspondante. Cette réutilisation de données déjà publiées garantit une neutralité des chercheurs dans leurs mesures et des sujets dans leur ressenti vis-à-vis des phases de la lune. C’est très important car l’absence de neutralité est la principale source de biais dans ce type d’expérience. Enfin, tout le monde peut vérifier les calculs réalisés a posteriori par l’équipe du Dr Cajochen, qui a été le premier surpris par les résultats obtenus.

L’hypothèse d’une sensibilité à la gravité lunaire, façon marée, discutée dans l'article, est très improbable. En revanche, celle d’une horloge biologique calée sur le cycle lunaire n’est pas absurde. Après tout, la visibilité nocturne permise par la pleine lune a pu avoir un impact important pour la sécurité ou le succès de la chasse chez nos ancêtres lointains

Source scientifique : CAJOCHEN, Christian, ALTANAY-EKICI, Songül, MÜNCH, Mirjam, et al. Evidence that the lunar cycle influences human sleep. Current biology, 2013, vol. 23, no 15, p. 1485-1488.

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