Une étude démontre que l'interrogatoire occupe une place fondamentale dans le diagnostic médical.

L’intelligence artificielle est très à la mode en ce moment, peut être trop d’ailleurs pour le Dr Dupagne qui souhaite revenir sur les conditions d’un bon diagnostic. Il s’appuie sur un article déjà ancien qui a comparé la valeur des différents outils dont disposent les médecins pour faire leur diagnostic. Le protocole de cette étude était le suivant : pour 442 patients qui se présentaient aux urgences, des médecins ont noté leur diagnostic. On leur a demandé quels étaient les éléments qui leur avait permis d’identifier le problème du patient : l’interrogatoire, examen clinique, examens complémentaires de base (comme une prise de sang ou un radiographie des poumons), ou enfin des examens plus complexes réalisés ailleurs, comme un scanner par exemple.

La force de l'interrogatoire

Cette étude permet de découvrir, ou redécouvrir, que l’interrogatoire est primordial. Poser les bonnes questions suffit à faire le diagnostic une fois sur cinq !

Le médecin complète par son examen clinique : il palpe, il ausculte, il prend la tension, mais cet examen seul est très peu performant, alors qu’il le devient s’il est couplé à l’interrogatoire, qui justement permet de l’orienter. Idem pour les examens complémentaires de routine : radiographies, électrocardiogramme : ils sont peu contributif si on ne connaît pas l’histoire du patient. Cela explique pourquoi il est très difficile d’interpréter des résultats d’examens quand on ne sait pas pourquoi ils ont été demandées, chose que beaucoup de patients ont du mal à comprendre.

Un bon médecin est un médecin qui parle

Et donc la combinaison de l’interrogatoire, de l’examen clinique et des tests de base permet un diagnostic dans 90% des cas. Mais encore une fois, ce qui est vraiment intéressant, c’est que l’examen clinique et les tests de base sont peu performants en l’absence de dialogue préalable. Un bon médecin est donc un médecin qui parle et qui écoute. Alors, rien de nouveau sous le soleil me direz-vous, mais c’est intéressant de le rappeler, car si les patients veulent qu’on les écoute, ils sont parfois réticents à répondre à des questions dont ils ne perçoivent pas l’intérêt !

Source originale : Paley L & coll. Utility of Clinical Examination in the Diagnosis of Emergency Department Patients Admitted to the Department of Medicine of an Academic Hospital. Arch Intern Med. 2011;171(15):1393–1400. doi:10.1001/archinternmed.2011.340:

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