Le diclofénac est un anti-inflammatoire utilisée depuis plus de quarante ans pour traiter notamment les douleurs rhumatismales. Deux publications récentes confirment qu'il expose à un risque accru d'accidents cardiovasculaires. Il semple préférable d'utiliser d'autres molécules plus sûres et tout aussi efficaces.

Comme leur nom l’indique, les anti-inflammatoires combattent l’inflammation qui est à l’origine de nombreuses douleurs, notamment celles liées aux  rhumatismes. Il existe deux grandes familles d’anti-inflammatoires. 

Deux familles d'anti-inflammatoires : stéroïdiens et non stéroïdiens

La cortisone et ses dérivés sont appelés anti-inflammatoires stéroïdiens, du nom de leur famille chimique qui regroupe beaucoup de molécules naturelles ou non : la majorité des hormones sexuelles, le cholestérol, la vitamine D, et aussi les anabolisants de synthèse utilisés par les nageuses de l’est dans les années 70. Mais laissons de côté les stéroïdes et les stéroïdiens pour nous intéresser à l’autre grande famille d’anti-inflammatoires d'usage plus courant : les anti-inflammatoire non stéroïdiens, dont le sigle est AINS.

Ils sont très utilisés, et en vente libre pour certains d’entre eux comme l’ibuprofène. Leur chef de file est tout simplement  l’aspirine, qui leur a servi de modèle. Ces AINS sont très utilisés : ADVIL®, le PROFENID®, APRANAX®, FELDENE®, VOLTARENE® etc. Et c’est justement le VOLTARENE® qui est sur la sellette, avec ses nombreux génériques qui contiennent comme lui du diclofénac, nom de la molécule active.

Deux publications convaincantes ont confirmé en 2018 que le diclofénac, commercialisé depuis 40 ans, augmente d’environ 50% le risque d’accident cardiaque grave par rapport aux autres AINS.

Le diclofénac pourrait avoir des effets proches du VIOXX

Faisons un peu de biochimie : les AINS classiques bloquent l’action de deux enzymes appelées COX-1 et COX-2. En étant très réducteur, disons que la COX-1 a des effets protecteurs sur l’estomac, alors que la COX-2 produit de l’inflammation. 

L’industrie pharmaceutique a donc cherché et fini par trouver des molécules qui ne bloquent que la COX-2 et préservent la COX-1, notamment le fameux VIOXX. L’idée était séduisante : lutter contre l’inflammation en bloquant la COX-2, mais sans irriter l’estomac en respectant la COX-1. Malheureusement, notre métabolisme est complexe et souvent imprévisible, et bloquer uniquement la COX-2 peut provoquer des accidents cardiovasculaires imprévus, comme on l’a découvert tragiquement avec le VIOXX, retiré du marché en 2004. 

Or, notre VOLTARENE®, comme ses génériques contenant du diclofénac, présente la caractéristique de voir son activité varier au cours de la journée, activité parfois comparable à celle du VIOXX en ne bloquant que la COX-2. C’est une explication possible et plausible à cette augmentation du risque cardiaque, qui est absente ou infime avec d'autres AINS, notamment l’ibuproféne et le naproxène.

Un probable retrait du marché

Il est toujours long de se mettre d’accord à l’échelle européenne, mais un retrait du marché paraît probable à court terme. L'Agence française du médicament a publié une mise en garde l'année dernière.

Sources :
- Schmidt et coll. Diclofenac use and cardiovascular risks: series of nationwide cohort studies. bmj, 2018, vol. 362, p. k3426. https://doi.org/10.1136/bmj.k3426
- Dubreuil et coll. Risk of myocardial infarction with use of selected non-steroidal anti-inflammatory drugs in patients with spondyloarthritis and osteoarthritis. Ann Rheum Dis. 2018 Aug;77(8):1137-1142. https://doi.org/10.1136/annrheumdis-2018-213089

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