D'après une étude française récente, la pauvreté augmente le risque de certains cancers, mais les cancers hormono-dépendants sont plus fréquents chez les riches !

D'après une étude récente, les cancers hormono-dépendants sont plus fréquents chez les riches
D'après une étude récente, les cancers hormono-dépendants sont plus fréquents chez les riches © Getty / Westend61

Le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire vient de publier une très belle étude sur le lien statistique entre l’environnement socioéconomique et l’incidence des cancers.

Ce qui fait une belle étude, c’est avant tout la qualité de ses données, et le réseau français des registres des cancers, qui couvre 20% de la population, a fourni des chiffres précis sur les cancers diagnostiqués en 2008 et 2009. Les 190 000 cas de cancers diagnostiqués pendant ces deux ans ont été croisés avec les données socio-économiques locales, c’est à dire le niveau de richesse ou de pauvreté de la commune où résidait le malade, grâce aux données du recensement de 2007.

Globalement, il vaut mieux être riche que pauvre. Les cancers de la bouche, de la gorge, du poumon ou de œsophage sont une fois et demie plus nombreux chez les plus pauvres que chez les plus riches. Cet excès de risque est un peu moins net pour les cancers de la vessie, de l’estomac et du foie.

Mais l’équipe du Pr Guy Launoy a constaté que d’autres cancers voyaient leur fréquence augmenter chez ceux qui possédaient le plus d'euros ! C’est le cas pour les cancers de la prostate, du sein ou du testicule, cancers connus pour être hormono-dépendants.

Peut-on en conclure que l’euro est un perturbateur endocrinien ? Certainement pas affirme le Dr Dupagne, car comme les écologistes l'oublient trop souvent, un lien statistique n’est pas synonyme d’un lien de cause à effet : ce n’est pas parce que le lit est l'endroit où l'on meurt le plus que les lits sont dangereux.

Les auteurs de l’étude émettent des hypothèses qui paraissent pleines de bon sens. Par exemple, les cancers du sein et de la prostate sont connus pour être l’objet de dépistages intempestifs, dépistages auxquels les riches se prêtent plus volontiers. Ce zèle préventif et le surdiagnostic qui en résulte pourrait être à l’origine de ce résultat paradoxal. D'autres hypothèses intéressantes sont passées en revue par les auteurs.

En pratique, la seule conclusion solide que l'on peut tirer de ce travail, c'est qu'il faudrait que les pauvres deviennent riches.

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