Le jeûne est une privation de nourriture et/ou de boisson. Il est souvent volontaire, dans un cadre spirituel ou hygiénique. Il existe de nombreuses formes de jeûnes, suivant la nature et la durée de l'exclusion alimentaire, qui ont un impact très différent sur notre santé.

Le jeûne, contrairement aux idées reçues n'affaiblit pas le corps (les deux premières semaines)
Le jeûne, contrairement aux idées reçues n'affaiblit pas le corps (les deux premières semaines) © Getty / Jack Wassiliauskas / EyeEm

Le Ramadan 2018 a commencé dans la soirée du 16 mai. La religion musulmane est la plus stricte sur le plan du jeûne qui dure un mois mais permet heureusement de manger et boire entre le coucher et le lever du soleil. Les juifs doivent s’abstenir de manger et de boire pendant 25 heures à l’occasion du Grand Pardon. Les chrétiens s’en sortent le mieux avec un jeûne limité au vendredi saint, qui ne concerne d'ailleurs que la viande et l’alcool.

Le jeûne qui "purifie" l'âme...

Ces trois jeûnes religieux portent une symbolique de purification spirituelle par la privation et la pénitence. Le problème de santé que pose le jeûne est quasi exclusivement dû à la privation d’eau, qui peut être rapidement problématique en cas de température élevée. Ces religions précisent toutes que le jeûne ne doit pas être pratiqué en cas de contre-indication médicale. 

Chez les musulmans, qui travaillent pendant le jeûne, le problème réside dans la durée du jour particulièrement longue en juin sous nos latitudes. Il faut vraiment insister sur le fait que le dogme religieux incite à ne pas mettre sa santé en danger.

Le jeûne "détox"

Un tout autre jeûne ne  concerne que la nourriture et non la boisson. L’objectif est là encore une purification, mais elle concerne cette fois-ci le corps, qui serait gorgé de toxines et qu’il faudrait donc purger à intervalle régulier comme on essore et rince une serpillière sale. La similitude avec la purification de l’esprit et l’évacuation des péchés par le jeûne religieux n’est pas une coïncidence : cette image nous parle, même si c’est faux : en fait de toxines, il s’agit surtout de graisses, et il s'agit plus d'une surcharge qu’une réelle toxicité. En fait, le jeûne permet de diminuer un éventuel excès de réserves. Notre organisme est d’ailleurs parfaitement adapté au jeûne, et heureusement car nos ancêtres étaient loin d’avoir à manger tous les jours. 

Contrairement à une croyance répandue, y compris chez les médecins, le jeûne ne fatigue pas - au moins pendant les 15 premiers jours - et heureusement car c’est justement le moment où nos ancêtres devaient redoubler d’effort pour trouver à manger. Beaucoup d’adeptes du jeûne ressentent d’ailleurs un sentiment de puissance et de bien-être pendant leurs périodes de jeûne.

Bon ou mauvais pour la santé ?

Les données disponibles chez l’humain n'ont pas permis de mettre en évidence de danger associé à un jeûne "raisonnable" régulier. On a longtemps cru, surtout en France, que le jeûne attaquait nos muscles une fois les réserves de glucides épuisées. La réalité est plus complexe, et les graisses sont bien sûr très sollicitées. Le jeûne ne pose en fait aucun problème chez la majorité des sujets en bonne santé : jusqu’à trois semaines chez les plus aguerris. Il devient en revanche dangereux au delà de la quatrième semaine.

Pour qui ce qui est des bénéfices, c’est la même inconnue. Cette pratique est avant tout une méthode de développement personnel.  Elle ne peut pas être recommandée pour maigrir : il n'existe pas de perte de poids à long terme, car en puisant dans les réserves, on encourage l’organisme à les augmenter à l'arrêt du jeûne pour faire face à ce qu’il croit stupidement être une famine, car sa préoccupation principale est de survivre !

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