Réaliser un bilan sanguin pour diagnostiquer des allergies alimentaires est une pratique assez répandue, bien que coûteuse et non remboursée par l'assurance maladie. Pourtant, l'intérêt de ces bilans est plus que discutable à en croire les associations scientifiques d'allergologie.

Comment déceler les allergies alimentaires ?
Comment déceler les allergies alimentaires ? © Getty / Akepong Srichaichana / EyeEm

Les principe des ces analyses consiste à doser les anticorps (immunoglobulines G) dirigés contre certains composants des principaux aliments disponibles. Pour les laboratoires qui pratiquent ces analyses, un taux élevé traduirait une allergie, et pourrait expliquer divers symptômes, digestifs ou non.

En pratique, le docteur Habib Chabane explique le manque d'intérêt de ces bilans dans une mise en garde très pédagogique publiée sur le site de la Société Française d’Allergologie. La présence de ces anticorps n’est pas synonyme d’allergie ! Elle signifie simplement que nos tissus internes ont été en contact avec des protéines contenues dans l’aliment incriminé. On peut très bien avoir beaucoup d’anticorps dirigés contre un aliment sans souffrir de sa consommation, et au contraire, ne pas avoir d’anticorps contre un autre aliment, alors qu’on le digère très mal ou qu’on y est allergique. Les résultats de ces analyses sont peu fiables.

Pourquoi ont-elles tant de succès ?

Certains patients, après avoir supprimé les aliments incriminés par ces analyses, s’en sont trouvés mieux. Mais comme l’explique le docteur Chabane, cela n’est pas une preuve : beaucoup d’aliments ainsi éliminés sont mal digérés globalement par une majorité d’entre-nous, et les simples conseils d’une diététicienne auraient abouti au même résultats sans nécessiter d’analyses. De nombreuses autres sociétés savantes d’allergologie ont aussi pris fermement position contre la pratique de ces analyses, car non seulement, elles risquent de conduire à des régimes injustifiées, mais le risque le plus important est de passer à côté d’une véritable allergie ou d’une intolérance alimentaire qu’elles n’ont pas détectée, ou encore d’une maladie grave de l’intestin, par excès de confiance dans leurs résultats.

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