Le baromètre annuel LEEM/IPSOS montre que seulement 69% des Français accordent leur confiance aux vaccins, contre 73% à l'homéopathie.

Vacciner les enfants
Vacciner les enfants © Getty / Vstock LLC

Comme tous les ans, le syndicat de l’industrie pharmaceutique (LEEM) publie les résultats de son “Observatoire sociétal du médicament”, issus d’un sondage IPSOS. La presse a pas mal commenté le résultat le plus étonnant de ce baromètre : les Français font désormais plus confiance à l’homéopathie (73%) qu’aux vaccins (69%)

Or le mot confiance véhicule à la fois les notions d’efficacité et de sécurité.

Cette dualité sous-tend les réponses du sondage : les Français font surtout confiance aux vaccins pour leur efficacité, et à l’homéopathie pour son innocuité. Les Français qui refusent tous les vaccins ou qui se soignent exclusivement à l’homéopathie sont en fait très peu nombreux.

Cette priorité à la sécurité est illustrée par le premier principe de la médecine : primum, non nocere (avant tout, ne pas nuire). Il n'existe aucune trace d’un scandale sanitaire récent ayant concerné l’homéopathie. Certains rétorquerons qu’un placebo ne peut pas avoir d’effets secondaires, puisqu'il s'agit de sucre, mais quoi que l’on pense de l’efficacité intrinsèque des remèdes homéopathiques, ils ne sont pas toxiques.

Pour les vaccins, l’environnement est totalement différent.

Le premier handicap des vaccins, c’est le traumatisme, LA PIQÛRE que l’on inflige à son enfant pour le protéger d’un danger futur. Il faut une foi totale dans la médecine pour accepter que l’on fasse mal à son bébé. Or, des affaires récentes ont entamé la confiance dans l’intérêt et surtout dans l’innocuité de certains vaccins : vaccination contre la grippe H1N1 de 2009, médiatisation d’effets secondaires rarissimes, mais parfois graves, du vaccin GARDASIL contre le cancer du col de l’utérus.

Les vaccins souffrent d’un deuxième handicap, qui est leur efficacité ! Ils ont fait disparaître les maladies qu’ils combattent. Le tétanos et la diphtérie et la poliomyélite ont disparu.

Ce double handicap explique le déficit de confiance des Français face à ce qui reste avec les antibiotiques le plus grand progrès de la médecine moderne. Or, la confiance ne se décrète pas, elle se mérite. Elle suppose une totale transparence de la part des autorités sanitaires et une écoute attentive des inquiétudes du public. Le dogmatisme et le paternalisme actuels sont contre-productif. Exagérer l’intérêt de certains vaccins ou minimiser leur risque, pourtant déjà très faible, donne des armes aux complotistes très actifs sur le web.

Espérons que la grande concertation démocratique lancée par Marisol Touraine ne se transformera pas en mascarade, car la crise de confiance des vaccins ne ferait alors qu’empirer.

Les résultats du sondage

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