Les critiques d’alertes se généralisent à propos de la diffusion de fausses informations qui abusent le public, "FakeNews" en anglais. La responsabilité des réseaux sociaux est pointée du doigt par les journalistes, mais dans le domaine de la santé, les responsabilités sont partagées.

Les fakenews médicales, des responsabilités partagées
Les fakenews médicales, des responsabilités partagées © Getty / Mats Silvan

J'ai découvert les FakeNews il y a 40 ans ! Avant mes études de médecine, je croyais naïvement tout ce que je lisais dans les journaux. C’était publié, donc c’était fiable ! Et puis j’ai progressé dans la connaissance de mon domaine, la médecine, et le doute s’est installé. J’ai découvert, éberlué, la quantité d’âneries, parfois dangereuses, diffusées par des médias auxquels j’avais toujours fait confiance. 

L'huile d'olive mauvaise pour le cœur...

Bon, on est au milieu des années 80. Et bien on pouvait lire partout que l’huile d’olive était mauvaise pour le cœur, que le bronzage aux UVA était sans danger pour la peau, qu’il fallait prendre du fluor pour éviter les fractures, ou encore du phosphore pour devenir intelligent ! 

Ce n’est pas beaucoup mieux maintenant, entre les #statalacons quotidiennes, les pseudo-dangers des sondes d’échographie ou l’épidémie d’hépatite qui menacerait des millions de français, je renvoie les auditeurs à mes chroniques précédentes. J’étais révolté par toute cette désinformation. Du coup, je me suis essayé au journalisme, milieu difficile à pénétrer, et puis Internet est arrivé.

Le Web 2.0 permet à chacun de diffuser facilement ses écrits

Le Web 2.0, au début des années 2000, a permis à tout le monde de jouer au journaliste en créant son blog et d’échanger sur les réseaux sociaux. J’ai vécu cela comme une fantastique aventure, une libération de l’information. Je m’y suis plongé totalement depuis 20 ans pour tenter d’apporter au public, dans mon domaine, des informations fiables et documentées

En matière de santé, les FakeNews relèvent soit de l’incompétence scientifique, soit et surtout du lobbying masqué qui corrompt l’information à un point inimaginable. Le public a ouvert les yeux avec l’affaire du Mediator puis celle de la grippe H1N1, et les journalistes aussi, à commencer par vous qui m’avez donné la parole il y a bientôt dix ans.

Cette liberté donne la parole à des illuminés et des complotistes

Oui, c’est le pendant de la liberté d’expression : "le pire système, à l’exclusion de tous les autres !". Il ne peut pas, il ne doit pas, y avoir de police de l’information. Cela s’appelle de la censure. La solution contre les FakeNews passe par un retour de la confiance du public dans les journalistes, ce qui nécessite de faire le ménage dans ses propres rangs avant de partir à la chasse aux fausses nouvelles. Et il y a du boulot ! L’argument d’autorité, c’est fini ! La confiance retrouvée du lecteur ou de l’auditeur se nourrira du travail, de la rigueur, de la sincérité, et de l’indépendance des journalistes, car c’est justement leur travail, notre travail, de permettre au public de faire le tri dans l’avalanche d’informations qu'il reçoit quotidiennement. Lutter contre les FakeNews, c’est avant tout veiller à ne diffuser soi-même que des TrueNews.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.