La menace d'une obligation vaccinale étendue à 11 vaccins a provoqué de nombreuses réactions, et démontre le manque d'information du public et de certains professionnels.

La question des vaccins divise
La question des vaccins divise © Getty / TEK IMAGE

Le débat sur l'intérêt potentiel d'une extension vaccinale s'intensifie sur les réseaux sociaux.

Les pro-obligation brandissent la mise en danger de la population vaccinée par les non-vaccinés. Pour le Dr Dupagne, c’est un mythe. Les cas de rougeoles mortelles chez les immunodéprimés vaccinés dans l’enfance sont rarissimes, quant à l’allergie aux vaccins, elle est surtout invoquée comme alibi par ceux qui veulent échapper aux vaccins obligatoires. Les gens qui refusent les vaccins ne menacent qu’eux-mêmes.

Les cas récents de méningite chez des étudiants sont dus à des bactéries rares qui ne sont pas incluses dans les 8 vaccins candidats à l’obligation, qui n’aurait donc pas pu prévenir ces décès. C’est bien une information objective sur les vaccins qui manque cruellement.

La poliomyélite et la diphtérie, qui tuaient en France des milliers d’enfants tous les ans, ont quasiment disparu grâce au vaccin. Paradoxalement, comme ces maladies ne circulent plus en France, un sujet non vacciné courrait peu de risque, et Dominique Dupagne lui déconseille vivement de voyager, notamment en Afrique ou en Amérique du sud. Le tétanos se contracte lors d’une plaie profonde et souillée par de la terre. Le traitement des plaies a fait des progrès, mais le risque reste présent partout puisque l’on ne peut pas éradiquer le germe.

L' intérêt de cette triple vaccination ne se discute pas, regroupée dans la même seringue. Les risques d’effets indésirables sont infimes et essentiellement liés à la présence d’aluminium, adjuvant destiné à renforcer la stimulation du système immunitaire. Ont peut ajouter d’autres vaccins dans la même seringue : la coqueluche, maladie qui peut tuer les nourrissons et qui circule beaucoup en France chez les adultes, et les infections graves à hémophilus, elles aussi devenues rares grâce à la vaccination. On obtient ce qu’on appelle un vaccin pentavalent, c’est à dire qui protège contre 5 maladies. Enfin, on peut ajouter une sixième maladie (valence) : l’hépatite B à ce même vaccin, qui devient hexavalent. Ceci dit, l’hépatite B concerne surtout les professions à risque, les toxicomanes, les hypersexuels et les voyageurs en Asie, mais pourquoi ne pas profiter de cette piqûre unique pour protéger contre six maladies, car encore une fois, les rares effets secondaires sont surtout liés à l’adjuvant aluminique qui est injecté de toute façon.

Le vaccin Rougeole Oreillon Rubéole ne contient pas d’adjuvant, et dont le rapport bénéfice risque est absolument indiscutable, car ces maladies circulent encore et peuvent avoir de lourdes conséquences.

Les deux derniers vaccins candidats à l'obligation sont destinés à lutter contre certaines méningites à pneumocoques et méningocoques. Ces maladies sont plutôt rares, l’effet protecteur du vaccin n’est pas évident, et il n’est pas absurde d’y renoncer, d’autant qu’elle sont associées à une multiplication des injections d’aluminium

Pour les autres vaccins, le Dr Dupagne rappelle l’existence d’un document exceptionnel qui a déjà été présenté dans l'émission : le Hors Série de Sciences et Vie de décembre 2016 consacré aux vaccins, qu'il trouve à la fois clair, pédagogique et bien documenté.

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