Le docteur Alain Miras et le chef de section, Lakdar Attar, dans la collection d’armes de l’INPS
Le docteur Alain Miras et le chef de section, Lakdar Attar, dans la collection d’armes de l’INPS © Radio France

La balistique est l'une des plus vieilles spécialités de la police scientifique. Le premier cas documenté d'une enquête où l'examen d'un projectile a participé à l'identification d'un coupable remonte à 1835, à Londres. Au laboratoire de l'INPS, à Lyon, rencontre avec deux experts qui savent faire parler la poudre, voire... une tapette à souris.

Ici, la balistique est un travail d'équipe. Le balisticien,Lakdar Attar , va tirer les informations de l'arme ou des projectiles, et déterminer les trajectoires à partir des points d'impact . Le médecin légiste, Alain Miras , peut établir une distance de tir à partir de la plaie d'entrée , ou du nuage de poudre laissé sur le vêtement d'une victime.

Avec eux, un suspect peut difficilement mentir. Exemple avec cet homme qui prétend que le coup de feu qui a tué sa femme est "parti tout seul", alors qu'il reposait son pistolet sur la table. Mais les experts montrent que l’arme fonctionnait normalement, et que le coup est parti à l’horizontale, à bout portant. Le docteur Alain Miras ,spécialisé en balistique lésionnelle , se souvient d'un autre meurtre conjugal où le vêtement de la victime a permis de confondre le tireur: les trous au niveau du coude du vêtement, combinés aux plaies de défense sur les poignets, indiquaient que la femme était tenue par la manche, et non pas éloignée de plusieurs mètres...

La section balistique du laboratoire de Lyon est plutôt saisie pour des affaires complexes, avec plusieurs victimes ou pour des braquages. Son travail consiste aussi àétablir la chronologie des tirs . Ses experts sont régulièrement amenés à se déplacer sur les scènes de crime.

Au labo, ils pratiquent des tirs d'essai. Le légiste, sur des tissus synthétiques qui imitent le corps humain. Le balisticien dispose d'un puits d'eau, d'une profondeur de six mètres, et d'un caisson rempli de couches de feuilles de plastique. Objectif: freiner le projectile pour le récupérer en bon état, avec les marques et les stries laissées par le canon de l'arme.

Invisibles à l'oeil nu, ces empreintes sont enregistrées dans un fichier national, en cours de modernisation.Le logiciel CIBLE (Comparaison et identification par localisation d'empreintes) permet de savoir si l'arme a déjà servi dans une affaire criminelle.En 2014, 43 rapprochements ont été effectués , pour près de 6000 fiches rentrées dans Cible. "Dans le jargon on dit que les armes tournent moins qu'auparavant explique Lakdar Attar. Les malfaiteurs ont tendance à se débarrasser immédiatement de l'arme après un premier crime."

Pas de visite à la balistique sans passer par la collection d'armes.Plus de 3000 fusils, pistolets et revolvers sont exposés , un panel des armes à feu utilisées dans les affaires. Sans surprise, les fusils d'assaut de type kalachnikov ont la cote ces dernières années. A côté des armes venues des Balkans, Lakdar Attar voit arriver des contrefaçons "made in China". Quelques curiosités: des cannes pistolet utilisées au début du siècle pour se défendre des chiens errants, des stylos pistolets utilisés plus récemment pour des règlements de compte entre dealers. Et même, ce pistolet bricolé par un ancien légionnaire avec un serre-joint, un tube en cuivre, et une tapette à souris qui fait office de marteau.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.