: Fabrice Besacier, chef de la division chimie de l’INPS à Ecully, et Cédric Prudhomme, technicien
: Fabrice Besacier, chef de la division chimie de l’INPS à Ecully, et Cédric Prudhomme, technicien © Radio France

Les drogues saisies en France sont analysées et répertoriées à Ecully dans le laboratoire de référence de l'INPS (Institut national de police scientifique). Ici la police scientifique est autant au service des enquêtes que de la prévention.

Cédric Prudhomme , le technicien, commence par répertorier les logos sur des plaquettes de cannabis. Une simple lettre, un hélicoptère stylisé, ou l'inscription "La Crim" référence détournée à la brigade criminelle... le logo apposé par le traficant est propre à un lot de marchandise . L'analyse va surtout permettre de doser les principes actifs, dont le THC, le TétraHydroCanabinol.

L'une des évolutions les plus notables tient justement à la teneur en THC du cannabis en circulation en France, qui a quasiment doublé en dix ans , avec une forte augmentation encore depuis deux ans (20,7% en moyenne l'année dernière ). Or, pourFabrice Besacier , le chef de la division chimie de l'INPS, c'est aussi quand on change les habitudes des consommateurs, qu'il y a danger. C'est aussi l'une des vocations du labo:s'il découvre un nouveau produit potentiellement dangereux ou tombe sur un échantillon d'héroïne fortement dosée, les services sanitaires sont alertés.

La police scientifique établit le profilage chimique des poudres. Une méthode d'identification qui permet de reconnaître un lot de cocaïne, qu'elle soit saisie concentrée à 80% à l'aéroport de Roissy ou retrouvée, coupée et recoupée, dosée à 20% dans les rues de Lyon.Le logiciel STUPS (Système de traitement uniformisé des produits stupéfiants), créé au laboratoire de Lyon en 1984 et étendu progressivement, réportorie les produits analysés. C'est un outil précieux quipeut rapprocher des affaires et dessiner des réseaux . Le labo peut aussi être appelé pour dire, dans le temps d'une garde à vue, si la bonbonne trouvée sur un suspect contient la même poudre que celle saisie lors d'une perquisition.

Autre tendance de ces dernières années: l'arrivée de nouveaux produits de synthèse (NPS) . Le nombre de saisies explose depuis 2008.Ils se présentent parfois sous forme d'herbe : "les gens importent de la poudre de Chine, et achètent des ballots de végétaux, comme vous en avez dans votre jardin, relate Fabrice Besacier . Dans des laboratoires clandestins qui se trouvent notamment en Belgique, ils préparent une solution avec la poudre, et vont asperger les végétaux, tout ça mélangé dans des bétonnières avant d'être séché puis vendu en sachets sur internet. L'inconvénient c'est que le produit pur (la poudre), on ne sait jamais ce que c'est". Au début de l'année à Annecy, six lycéens ont été hospitalisés après avoir consommé des cannabinoïdes de synthèse . Le labo de Lyon a identifié un produit encore jamais vu en France, mais qui avait déjà fait des morts en Suède.

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