Roi du Maroc, enquête sur un livre à trois millions

« Quand on enquête au Maroc, il y a trois lignes rouges qu’il ne faut pas franchir, elles correspondent à la devise du Maroc : Dieu, la patrie, le roi. » C’est le constat du journalisteEric Le Braz qui a travaillé pour la presse marocaine jusqu’en 2013

François Hollande et Mohammed VI le 20 septembre 2015 à Tanger
François Hollande et Mohammed VI le 20 septembre 2015 à Tanger © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA / Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Les journalistes Eric Laurent et Catherine Graciet en ont fait l’amère expérience. Après avoir écrit Le roi prédateur en 2012, ils devaient publier un nouveau livre sur les « affaires de famille » du royaume. Les deux journalistes sont désormais accusés par le palais d’avoir tenté de le faire chanter, en réclamant trois millions d’euros contre la non-publication de ce livre. Mais certaines zones d’ombre ne sont toujours pas levées.

Cette histoire n’est pas nouvelle : il y a vint-cinq ans, l’enquête du journaliste Gilles Perrault, Notre ami le roi, affole le palais en dévoilant l’envers du décor de la monarchie de Hassan II . Pour empêcher sa publication, le palais propose en vain un arrangement financier, et annule l’année du Maroc en France en guise de représailles.

Sous le règne du fils, Mohammed VI, il est toujours aussi difficile d’enquêter sur le Maroc qu’on soit Français ou Marocain : filatures, arrestations et asphyxie économique des journaux trop indépendants.

Et puis il y a ceux qui simple citoyen, refuse de plier face aux diktats du palais. Les ennuis s’accumulent alors comme pour le boxeur Zakaria Moumni.

►►►L'enquête complète de Benoit Collombat à écouter et à lire ici

L'interview : Paul Moreira, Martine Orange et Benoit Collombat

« Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publier. Tout le reste n’est que relations publique » disait George Orwell, le journaliste britannique, auteur de « 1984 ».

C’est un peu la devise des auteurs de ce livre, seize journalistes d’investigation, qui, en douze chapitres clairs et concis, décrivent les obstacles auxquels ils sont confrontés pour mener leurs enquêtes les plus sensibles.

Ils détaillent les méthodes employées pour les dissuader, les décourager ou les amadouer : les armées de communicants dans les grosses entreprises ; la pression économique , ou le harcèlement judiciaire. Et enfin la méthode plus directe des menaces écrites, des écoutes illégales….

Martine Orange, de Médiapart, revient elle sur le « Secret des affaires » : ce projet de loi – finalement retiré en France mais à l’étude au sein de l’Union Européenne – qui vise, officiellement, à protéger les multinationales des menaces grandissantes del’espionnage industriel. Un moyen pour elles, selon Martine Orange, d’ « exercer un contrôle absolu sur tout ce qui les concerne, des grandes affaires aux petits dossiers, voire les détails ».

« Latransparence est une arme presque exclusivement aux mains des pouvoirs économiques ou politiques. Le citoyen, journaliste ou lanceur d’alerte, n’a jamais été aussi vulnérable » en conclut Paul Moreira . Et la France en donne le triste exemple avec la quasi impossibilité pour tout citoyen d’avoir un accès libre aux documents administratifs. La Suède a ouvert cet accès en 1776, les Etats-Unis en 1966 – avec le FOIA ou Freedom of Information Act - et la Grande Bretagne en 2005.

►►►L'interview complète à écouter ici

Les légendes du web : la stratégie des militants anti-IVG sur internet

Comparatif sites IVG
Comparatif sites IVG © Radio France / AB

La stratégie web est un ressort essentiel du militantisme, les "pro-life" ou défenseurs de la vie opposés à l'avortement ou à l'euthanasie le démontrent bien, alors que le ministère de la Santé s’efforce de mettre en place une plateforme d’informations et ligne d’écoute.

►►► La chronique d'Anne Brunel à écouter et à lire ici

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.