FacebookTAC1404
FacebookTAC1404 © cc by Axel VF / Axel VF

TwitterTAC1404
TwitterTAC1404 © cc by Axel VF / Axel VF

Suivez l'émission et réagissez sur Twitter avec le hashtag

L'enquête

"D.S.K., la botte secrète de Vladimir Poutine"

par Jacques MONIN

D.S.K.
D.S.K. © © Martin H. Simon/Corbis / © Martin H. Simon/Corbis

L’enquête de la rédaction se penche aujourd’hui sur le cas de Dominique Strauss Kahn. Non pas pour évoquer les affaires, dont celle du Carlton qui n’est toujours pas soldée, mais pour voir notamment comment le Kremlin compte aujourd’hui sur lui pour l’aider à réformer son économie.

Pour comprendre comment on en arrive là, il faut reprendre les choses dans l’ordre…

En 2011, D.S.K. subit l’onde de choc de l’affaire du Sofitel, il sait que son avenir politique est bouché et qu’il a perdu beaucoup d’argent. Il va donc rebondir en participant d’abord à des conférences.

On l’invite en Chine, en Ukraine, en Grande Bretagne, en Corée du sud… Excepté Cambridge, où sa venue provoque une petite manifestation, il réalise vite qu’en Afrique, en Europe de l’Est et en Asie, son image d’ex-patron du FMI est intacte. C’est donc vers cette partie du globe qu’il se tourne, comme l’explique Christopher Dembik, économiste à Saxo Bank à Paris.

Deuxième acte de cette résurrection : D.S.K. créé sa propre société baptisée "Parnasse", avec sa fille, Vanessa… Puis il s’associe avec un homme d’affaires franco israélien Thierry Leyne.

L’homme n’est pas le plus en vue dans le monde de la finance, mais il dispose d’une banque d’affaires qui a pignon sur rue à Luxembourg, à Bruxelles, à Genève, à Monaco, à Casablanca et j’en passe… Les deux hommes passent donc un marché : D.S.K. prend la présidence du groupe rebaptisé LSK pour "Leyne et Strauss Kahn". Il apporte son expertise et son carnet d’adresses tandis que Thierry Leyne vend l’image de DSK dans les pays émergents où il souhaite renforcer son implantation.

Thierry Leyne n’a pas souhaité nous parler, mais écoutez ce qu’il disait en novembre 2013 à Géraldine Hallot, lorsqu’elle lui demande alors si l’image de DSK pose des problèmes.

Alors ensemble, les deux hommes vont s’atteler à une première mission : créer la toute première banque d’investissement du Soudan du Sud.

Le pays est intéressant et il est jeune. Il a de nombreuses ressources, pétrolières et minières notamment. D.S.K. joue donc de son entregent, et la nouvelle banque est inaugurée en Mai 2013. En exclusivité pour Secrets d’info , l’ambassadeur du Soudan du sud en France, Andrew Aquone - Aquèche nous raconte comment les choses se sont passées.L’inauguration de cette première banque d’investissement est un succès, mais DSK va étendre sa zone d’influence.

En 2013, il est nommé conseiller auprès du gouvernement Serbe. Mais surtout, à l’été 2013, il prend place au Conseil de surveillance de deux organismes Russes : un Fond d’investissement, où il siège au côté du représentant de la Caisse des Dépôts et Consignations française, et la "Banque russe de développement des régions", une institution qui dépend du géant pétrolier Russe Rosneft, aujourd’hui sur la liste noire des sanctions européennes.

De fait donc, estime Christopher Dembik de chez Saxo Bank, DSK se rapproche du Kremlin.

C’est un aspect des choses mais DSK se voit assigner une deuxième mission. On compte sur son expertise pour réformer et redresser une économie grippée. C’est ce qu’a confié à Marc Crépin, notre correspondant à Moscou, Chris Weafer, un analyste financier britannique qui travaille essentiellement en Russie.

D.S.K., agent facilitateur de l’économie Russe… alors on en arrive à la partie la plus discutable de son action. Car cela revient à donner un coup de pouce à Poutine, au moment où une partie de la communauté internationale cherche à faire pression sur lui en jouant justement sur le levier économique. Chris Weafer considère d’ailleurs que la montée en puissance de D.S.K. en Russie est liée à ces sanctions.

Quelles questions cela pose-t-il…

D'abord, celle d’un possible conflit d’intérêts entre un homme qui conseille des états tout en ayant sa propre banque d’affaires, et depuis peu, en plus, son propre fond d’investissement. Marc Roche, spécialiste de la City de Londres et auteur du livre "les banksters", y voit un parallèle avec Tony Blair, et considère qu’il y a là un conflit d’intérêt.

Gagner de l’argent est une chose, mais entre en jeu une autre question : est-il juste aujourd’hui d’aider indirectement la Russie à trouver une parade aux sanctions ? Et ce au moment où la France refuse de livrer les Mistrals ?

D.S.K., que j’ai sollicité, a décliné mon invitation. On sait qu’il désapprouve la gestion de la crise ukrainienne par Vladimir Poutine mais va-t-il se mettre en retrait ?… Il faudra voir dans les mois qui viennent.

En attendant, je me suis retourné vers un de ses plus fervents défenseurs, son biographe Michel Taubmann. Il pense qu’il n’y a rien d’illégal pour un homme qui n’a plus de responsabilité politique, et qu’il y a une certaine cohérence dans son parcours.

Maintenant, quel avenir pour DSK ?

D’avenir politique à court terme, on n’en voit pas, pas tant que l’affaire du Carlton n’aura pas été soldée en tout cas.

La prochaine étape, c’est de développer son fond d’investissement, mais un fond que regarde plutôt avec prudence Christopher Dembick à Saxo Bank.

L'invité : Sébastien Pietrasanta

Sébastien Pietrasanta. Rapporteur du projet de loi antiterroriste

Sébastien Pietrasanta
Sébastien Pietrasanta © Assemblée Nationale

Le nombre de djihadistes français en Syrie et en Irak ne cesse de grimper. Selon un rapport parlementaire rendu public en en juillet 2014, les effectifs des combattants français ont augmenté de 58% ces 6 derniers mois. Face à cette menace le gouvernement prévoit la possibilité d'interdire pendant une période limitée la sortie du territoire à une personne majeure soupçonnée de vouloir se rendre sur le théâtre des opérations djihadistes. Le projet de loi crée aussi une nouvelle incrimination, celle "d’entreprise individuelle terroriste", et renforce encore la répression sur internet avec la possibilité d'un blocage administratif des sites faisant l'apologie du terrorisme. Sébastien Pietrasanta, député PS des Hauts de Seine est le rapporteur du texte de loi.

Le lien du rapport parlementaire

http://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r2173.asp

A la barre

La plaidoirie imaginaire de Jean-Paul Carminati, écrivain et avocat.

"L’enfance maltraitée"

L’enfance maltraitée, ce n’est pas seulement une succession de faits divers effroyables et isolés. Le nombre d’enfants concernés est considérable, beaucoup d’enfants souffriront de handicaps, de troubles psychologiques et surtout, en France, 2 enfants meurent chaque jour. Vous avez bien lu : en France…

Les enfants martyrs de leurs parents nous révoltent et nous renvoient à une impuissance qui nous attriste. Avant qu’il ne soit trop tard, ces parents savent-ils qu’ils ont des droits ?

Le droit de se faire aider, le droit de mettre ses enfants à l’abri, le droit de déléguer son autorité parentale à un tiers de confiance ou d’organiser l’adoption de son enfant…

Quelles sont ici les réponses juridiques face à ce problème malheureusement très quotidien en France ?

Un monde de rumeurs... de Margaux Duquesne

"Une blague potache prise au sérieux par Jean Marie Le Pen"

Interrogé par un journaliste de La Nouvelle Edition sur Canal+, Jean Marie Le Pen déclare avoir lu des extraits « pornographiques » du livre de Valérie Trierweiler. Mais de quels extraits parle l’ancien dirigeant du Front National ?

Le Pen fait référence à un extrait paru sur Twitter, la veille de la sortie du livre de l’ancienne compagne du Président de la République. Un texte écrit comme une blague par le journaliste Alexandre Hervaud :

L’auteur de ce « fake » s’explique sur les conditions de cette publication : « C’est un tweet créé après quelques bières, fait littéralement en 5 minutes, montre en main, imprimé et photographié un peu rapidement et publié dans la foulée, vers 23h… C’était juste un truc pour faire marrer la galerie, une blague typique comme on en voit des centaines sur Internet, avec le principe du texte pseudo-sérieux qui se termine en queue de poisson totalement improbable. »

Dans la soirée, les followers qui connaissent bien « l’humour déviant » du journaliste, s’en amusent et la nuit passe. Mais le lendemain, le faux extrait est repris et repartagé, sans citation de sa provenance, décontextualisé et certains internautes commencent alors à prendre le texte au premier degré : « La blague continue de faire son chemin, on en parle même en catimini dans les couloirs de l’Assemblée. Dans les repas de familles, on raconte être tombé sur cet extrait « complètement choquant » du livre de Valérie », continue le journaliste.

Et puis un midi, alors qu’Alexandre Hervaud regarde Canal+, il tombe sur la réaction de Jean Marie Le Pen. Il n’est pas bien sûr que ce soit de son « œuvre » dont il parle, mais un article du Lab d’Europe 1 vient confirmer ses craintes. L’auteur, à la fois « affligé et hilare », décide alors d’en raconter le récit dans un article, publié sur Slate et intitulé : « Comment le doigt dans l’anus de Valérie Trierweiler s’est retrouvé dans la bouche de Jean-Marie Le Pen. » Et la boucle est bouclée ?

Les invités
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.