Plus de trois ans après, l’assassinat de la journaliste maltaise, Daphne Caruana Galizia n’est pas totalement résolu. L’enquête à rebondissements sur sa mort secoue régulièrement l’île et montre comment la corruption a pu s’installer au plus haut niveau de cet Etat membre de l’Union européenne.

En novembre 2019, des milliers de personnes défilent dans les rues de La Valette (Malte), un portrait de Daphne Caruana Galizia à la main.
En novembre 2019, des milliers de personnes défilent dans les rues de La Valette (Malte), un portrait de Daphne Caruana Galizia à la main. © AFP / STRINGER

Le 16 octobre 2017, la voiture de la journaliste Daphne Caruana Galizia explose alors qu’elle venait de quitter sa maison sur les hauteurs de Bidnija, à l’ouest de l’île de Malte. Quelques semaines avant sa mort, elle reçoit d’une source non identifiée des milliers d’e-mails et de documents provenant d’Electrogas.

Dans les entrailles d’un méga contrat de fourniture de gaz 

Cette société est bien connue à Malte. Elle a remporté un contrat à près de 500 millions d’euros pour convertir la vieille centrale électrique de Delimara, qui alimente l’île, du fuel lourd vers le gaz naturel. C’était la promesse de campagne majeure de Joseph Muscat lors de son élection en 2013. Le jeune Premier ministre travailliste affirmait vouloir en finir avec la pollution, les coupures de courant et fournir à la population une électricité bon marché. "La fuite de documents d’Electrogas nous a permis de dévoiler les entrailles de ce contrat et de montrer ce qui avait été caché au public", se souvient la journaliste britannique du Guardian", Juliette Garside. 

"Vous avez un énorme contrat public, et le bénéficiaire de ce contrat est propriétaire d’une société offshore qui est censée reverser de l’argent à deux autres sociétés qui appartiennent à des responsables politiques qui étaient décisionnaires dans l’attribution du contrat", complète Jules Giraudat, de Forbidden Stories.

45 journalistes à la recherche d’un mobile

L'organisation Forbidden Stories, qui se donne pour mission de poursuivre les enquêtes des journalistes assassinés, emprisonnés ou empêchés de poursuivre leur travail, lance en 2018 le Projet Daphne, avec 45 journalistes de 18 pays différents.  "Nous avions deux objectifs, explique Laurent Richard, reprendre les investigations de Daphne et enquêter sur sa mort, comprendre pourquoi elle avait été tuée, quelle avait été l’enquête de trop."

La journaliste aurait-elle été assassinée pour qu’elle ne révèle pas ce schéma de corruption présumé ? Secrets d'info tente de comprendre pourquoi Daphne Caruana Galizia a été éliminée et qui sont les possibles commanditaires.

Lire l'enquête

Programmation musicale de Secrets d'info

Programmation musicale
L'équipe