Grèves, licenciements : dans certains magasins du réseau Biocoop, les salariés font part d’un malaise. Ces conflits sont révélateurs d’une crise de croissance, les principes fondateurs de la coopérative laissant peu à peu la place à une culture qui se rapproche de celle de la grande distribution.

Biocoop est passé d’une culture coopérative où le consommateur était au centre du fonctionnement, à une culture de rentabilité.
Biocoop est passé d’une culture coopérative où le consommateur était au centre du fonctionnement, à une culture de rentabilité. © Maxppp / Bruno Levesque / IP3

Une grève a touché deux Biocoop du centre de Paris durant l’été 2020. Elle s’est terminée il y a quelques semaines par le licenciement de la majorité des grévistes. Au-delà des revendications (de meilleurs salaires et conditions de travail), plusieurs salariés décrivent une ambiance pesante. A Strasbourg par exemple, d’autres employés, souvent des étudiants qui y trouvent un emploi de complément, dénoncent une utilisation abusive des caméras de vidéosurveillance pour les surveiller, ou des formations inadaptées pour des tâches difficiles.

Biocoop possède désormais 678 magasins et des milliers d’employés. Et chaque magasin est censé gérer son personnel en autonomie. Mais force est de constater que la galaxie Biocoop s'est beaucoup transformée ces dernières années, et cette transformation a suscité des tensions. Elle est passé d’une culture coopérative où le consommateur était au centre du fonctionnement, à une culture de rentabilité. Les SARL familiales ont supplanté les coopératives de consommateurs.

LIRE L'ENQUÊTE | Biocoop : quand le modèle coopératif lorgne sur la grande distribution, par Anne-Laure Chouin, cellule investigation de Radio France. 

VIDEO | Biocoop : une croissance sous tension

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