Où en sont les partis politiques dans la lutte contre le harcèlement sexuel ? La plupart ont mis en place des cellules d’écoute dont l'efficacité est inégale. Le PCF est un des bons élèves malgré des ratés, l’Assemblée national tâtonne, tandis que LR assume de n’avoir ni formations ni cellule.

Les comportements des députés, au lieu de s’améliorer avec le rajeunissement de la classe politique à l’Assemblée en 2017, seraient devenus "plus agressifs".
Les comportements des députés, au lieu de s’améliorer avec le rajeunissement de la classe politique à l’Assemblée en 2017, seraient devenus "plus agressifs". © AFP / Ludovic MARIN / POOL

En 2017, Emmanuel Macron déclarait la cause des femmes grande cause nationale. Trois ans plus tard, des dispositifs ont été mis en place au sein des partis politiques, mais ils peinent à avoir des résultats.

Dans leur enquête, à lire en intégralité ici, Laetitia Cherel et Léa Guedj montre que la lutte contre le harcèlement sexuel en politique peine à se mettre en place :

  • Chez La République en marche, après 10 mois de fonctionnement, le bilan de la cellule de signalement est mitigé : seuls trois cas de harcèlement sexuels ont été signalés.
  • Chez Les Républicains, "il n'y a ni cellule d’écoute, ni formation spécifique", assume Aurélien Pradié, le secrétaire général du parti. Il affirme "qu’il y a une sensibilisation par notre action politique, notamment par le projet de loi que j’ai porté contre les violences faites aux femmes".
  • Au Parti socialiste, la création d’une cellule contre les violences sexistes et sexuelles a été votée par le bureau national du parti en 2017, à la suite des révélations de Libération sur des accusations d’agressions sexuelles au sein du Mouvement des jeunes socialistes. Il faudra cependant attendre trois ans pour que la cellule soit réellement lancée.
  • À La France insoumise, le pôle d’écoute et de vigilance du parti a été lancé en décembre 2018. Il ne peut être saisi que par des femmes, et ses membres, sont toutes des femmes.
  • Au Parti communiste français aussi, la cellule appelée "Stop violences" a été mise en place courant 2018, à la suite des révélations du journal Le Monde sur de nombreux cas de harcèlement et d’agressions sexuels au sein du Mouvement jeunes communistes de France. Depuis, le parti a procédé à une quinzaine de suspensions de droits d’adhérents et d’exclusions définitives
  • Chez Europe Écologie-Les Verts, après l’affaire dite "Denis Baupin", on aurait pu croire que le parti se serait doté rapidement d’outils efficaces. Il n’en a rien été.
  • À l’Assemblée nationale, il aura fallu cinq ans de "lobbying forcené" des syndicats de collaborateurs parlementaires et d'un collectif pour y parvenir. Une collaboratrice sur deux dit avoir entendu des propos déplacés sur son lieu de travail, une sur trois dit avoir été victime d’injures sexistes, et une sur cinq d’agression sexuelle. Une cellule de signalement a été lancée en février 2020.

LIRE L'ENQUÊTE INTÉGRALE | Lutte contre le harcèlement sexuel en politique : des outils en rodage, par Laetitia Cherel et Léa Guedj, de la cellule investigation de Radio France.

VIDÉO | Harcèlement sexuel : les partis politiques à la peine

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