Qu’il s’agisse de gangs organisés, ou de détecteurs de métaux du dimanche, le fléau abouti au même résultat : une perte irrémédiable d’indices archéologiques. Rien que sur Ebay, un archéologue a fait annuler 8250 ventes illégales en deux ans.

Pillage archéologique, Amiens le 6 avril 2008
Pillage archéologique, Amiens le 6 avril 2008 © Laurent Houssin

Le pillage archéologique est un phénomène en hausse. A cause de la crise qui encourage les pseudos chercheurs de trésors. A cause des vendeurs de détecteurs de métaux qui, malgré une règlementation stricte, incitent aux recherches archéologiques sauvages. Et à cause du développement d’Internet qui offre des possibilités de repérages de sites antiques ou médiévaux inédits. Enquête de Jacques Monin

L'invité : Valérie Labrousse

Journaliste indépendante, elle a réalisé denombreuses enquêtes pour la télévision et la presse écrite.

A la barre : La plaidoirie imaginaire de Jean-Paul Carminati

Vous pensez que les quelques 200 prisons de notre pays abritent des "coupables". Vous savez qu’il existe en prison une surpopulation : il y manque 10.000 places. Vous pensez confusément "bien fait pour eux", "une prison n’est pas un hôtel 3 étoiles". Parfois, les médias annoncent que la Justice a commis une erreur : "l’affaire d’Outreau" par exemple. Vous apprenez alors que l’Etat va indemniser ces personnes pour leur temps passé en prison.

Vous pensez que ces terribles erreurs sont rares, car les grands médias en parlent peu. En réalité, chaque année, entre 500 et 600 personnes sont indemnisées par l’Etat pour "détention abusive". Ces détentions varient de 19 jours à 5 ans et demi, et leur durée moyenne est de plus de un an. C’est dire que nos prisons abritent en permanence environ 600 innocents, qui y restent un an en moyenne.

Ces chiffres, constants depuis des années, sont extraits de rapports officiels publiés toujours avec deux ans de retard. Alors on nous dira : "l’erreur est humaine", cela ne représente que moins de 1% de la population carcérale. On nous dira aussi : ces innocents sont indemnisés, ils se partagent 8 à 10 millions d’euros selon les années !

Eh bien, dénonçons la mesquinerie du système : d’abord, l’Etat n’indemnise personne spontanément ! Les innocents doivent faire une démarche dans les 6 mois, sinon ils en perdent le droit. Ensuite, ils doivent attendre un an avant que leur demande soit passée au peigne fin, car la Cour d’Appel est encombrée.

S’ils ne sont pas contents du dédommagement, la Commission nationale les fera attendre 7 mois de plus. Alors l’Etat déboursera moins de 18.000 € par innocent incarcéré à tort. Mais les demandes sont passées au peigne fin, par exemple :

  • Les frais de déplacement des proches pour visiter le prisonnier ne sont remboursés que pour moitié.
  • Les frais d’avocat, pourtant cruciaux pour démontrer l’innocence, ne le sont que très partiellement : c’est inadmissible.

Alors puisque nous ne pouvons pas - semble-t-il - éviter à des centaines d’innocents d’être chaque année incarcérés dans nos prisons indignes.

  • Assurons au moins un traitement prioritaire et rapide de leurs demandes de dédommagement ;
  • Et publions intégralement, en temps réel et pas deux ans après, les statistiques et décisions d’indemnisations.

Alors nous nous rapprocherons peut-être de notre réputation de Pays des Droits de l’Homme.

Chronique : « Tempête sur la presse : la satire à bâbord »

Tempête sur la Presse
Tempête sur la Presse © © Jeff Vanuga/Corbis

Finalement, la vérité est qu’aucune tempête de ce genre n’est attendue aux Etats-Unis. « Pour les Etats-Unis, les prévisions annoncent plutôt des températures normales, légèrement humides. Donc rien ne laisse penser qu’une vague de froid imminente s’approche, sur le pays  », explique Elodie Callac, prévisionniste à Météo France.

L’info a été partagée plus d’1,4 million de fois sur Facebook, et plus de 2300 fois sur Twitter.

À la source, un article du site Empire News, un faux site d’information, qui ressemble au Gorafi, que nous avons en France.

En ce moment, on peut par exemple y lire que le Pentagone va remplacer les bottes militaires par des chaussures de sport, ou encore l’interview du premier homme « enceint  ».

En Belgique, il en existe aussi un : Nord Presse. En référence à Sud Presse, le premier organe de presse francophone du pays.

Son fondateur, Vincent Flibustier, revendique le droit au pastiche et il va même plus loin, puisque c’est un méli-mélo de fausses et de vraies informations. Au risque de créer la confusion… Mais pour lui, il s’agit surtout de faire réfléchir : « Parfois on me dit « c’est embêtant ton site, il faut sans cesse vérifier ce qui est vrai ou faux. » Je réponds alors « si je te fais vérifier les informations que tu lis sur Internet, c’est pas mal, non ?»

Le plus dangereux, une fois l’article lu, une fois que nous sommes vraiment persuadés qu’une tempête de froid sans précédent va s’abattre sur nous, c’est que nous avons toujours un peu de mal à faire machine arrière. Beaucoup finissent par se dire : « Oui c’est faux, mais il y a peut-être un peu de vrai !  »

Les internautes sont donc livrés à eux-mêmes pour démêler le vrai du faux. On ne le dira jamais assez : lorsque vous lisez un article, vérifiez d’où il vient !

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