Le phénomène semble s’être accentué avec le confinement. D’obscurs groupes privés qui naviguent dans la zone grise de l’Internet et des cryptomonnaies promettent à des jeunes qu’ils vont devenir très riches en se lançant dans le trading en ligne. Mais le retour à la réalité est souvent douloureux.

En recrutant plus de membres, ils peuvent obtenir des revenus mensuels et constituer leur propre équipe, avec des objectifs alléchants.
En recrutant plus de membres, ils peuvent obtenir des revenus mensuels et constituer leur propre équipe, avec des objectifs alléchants. © Getty / boonchai wedmakawand

L’image brille, et "ça en jette" : Lamborghini, appartement luxueux à Dubaï, Rolex en diamants et voyages dans des pays paradisiaques… Sur les réseaux sociaux, certains jeunes semblent mener la belle vie. Leur biographie sur Instagram met en avant une réussite fulgurante : "D’échec scolaire à choix de salaire, du frigo vide aux gros bolides", vante Adnane, l’un de ces "prodiges" du trading en ligne.

Clé du succès : acheter et vendre des formations au trading

Tous ces jeunes proposent de rejoindre des sociétés aux noms déjà prometteurs : Attitude Legacy, Learn do Succeed, IM Academy, Be, Pro Network vision, mais aussi Embi, Melius ou Kuvera… La promesse : en l’échange de l’achat d’un pack de formation qui oscille entre 100 et 300 euros par mois, les membres peuvent se former au trading et apprendre à gagner de l’argent sur le marché des devises ou des cryptomonnaies. 

Un marché pourtant réputé pour sa volatilité, donc dangereux pour les néophytes. Mais peu importe ici : les jeunes recrues n’apprennent pas réellement à "trader". Tout au plus apprennent-elles le vocabulaire du trading. En réalité, on leur envoie des alertes sur leur téléphone, avec des positions à prendre sur les marchés pour, leur promet-on, gagner de l’argent sans avoir à garder son nez collé à l’écran.

C’est là que le piège se referme sur eux : pour "réussir dans le business", il ne faut plus compter ses heures. Enchaîner les calls, les démarchages téléphoniques, pour recruter ses connaissances et vendre, encore et toujours, le pack formation. Les attitudes défaitistes sont bannies : "Tu préfères les travaux forcés pendant cinq ans ou bien la prison pendant 40 ans ?", interpelle l’un des jeunes sur Internet, expliquant qu’il vaut mieux s’acharner quelques années pour constituer un réseau solide et atteindre la position enviable de chairman, plutôt que de trimer une vie entière à un poste faiblement rémunéré.

LIRE L'ENQUÊTE INTEGRALE | Jeunes endettés et déprimés : le mirage du trading en ligne, une enquête de Marjolaine Koch, cellule investigation de Radio France.

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