La fin des pharmacies : une manière de soigner notre pouvoir d’achat ? Pour ou contre la vente de médicaments en supermarchés ? Les pharmaciens remplissent-ils leur rôle de conseillers ? Réagissez au 0145247000, sur le site de France Inter, ou @servicepublicfi.

Edito de Guillaume Erner

C’est le Parisien de ce matin qui le raconte, Thomas Thévenoud, météorique secrétaire d’état, s’accrocherait à son siège de député. Après avoir été viré du gouvernement parce qu’il ne déclarait pas ses revenus, il compte revenir au palais Bourbon, peut-être pour combattre la pression fiscale. Reste une question vertigineuse : comment peut-on être député socialiste et ne pas payer ses impôts ? On entend dire que les politiques seraient habités par un sentiment de surpuissance ou d’invulnérabilité. Oui mais pourquoi ce comportement semble-t-il si commun à gauche, Thévenoud étant le troisième membre du gouvernement à être débarqué pour des raisons fiscales. Probablement parce que ce Thomas Thévenoud, comme avant lui Jérôme Cahuzac et Yamina Benguigui n’ont pas le sentiment d’avoir mal agi. Quoi qu’ils fassent, ils croient avoir un comportement vertueux, comme si le fait d’être à gauche, n’était pas un engagement mais une qualité, comme si l’adhésion au parti socialiste était en soi une vertu. Cela signifierait que l’on peut tout faire, et en particulier ne pas déclarer ses revenus, pourvu que l’on soit un bon socialiste. Voilà une survivance du trotskysme bon teint, puisque Léon Trotski parlait, je le cite, de « leur morale et la nôtre ». Chez Trotski, la poursuite d’une fin juste purifiait les moyens utilisés pour y parvenir. Et pour Thomas Thévenoud aussi, j’imagine. Lui qui pouvait tonner contre la fraude fiscale le matin et ne pas payer ses impôts l’après-midi. Mais en prêtant à ce Thevenoud, comme aux autres fraudeurs, le sentiment d’être au-dessus des lois, les socialistes s’évitent un examen de conscience douloureux. Ils griment en faille personnelle, ce qui est, peut-être, un défaut collectif. Croire depuis trop longtemps que l’on incarne le camp de la vertu, tel Thomas Thevenoud ou Jerôme Cahuzac, c’est comme si le vice rendait hommage à la vertu.

Le reportage de Raphaëlle Mantoux:

Notre reporter, Raphaëlle Mantoux, a testé les pharmacies. Et plus particulièrement, la vente de veinotoniques et de produits contre le ronflement. Ils promettent des merveilles sur les notices : Augmentation du tonus des veines, baisse de la douleur dans les jambes et nuit calme. Dans chaque officine, un rayon est dédié à ces produits. La France était jusqu’en 2006 le premier marché mondial pour les veinotoniques.

En 2006, la fin du remboursement a sonné. Le SMR, le Service Médical Rendu du Daflon ou encore du Ginkor fort a été démontré, il est a priori très faible. Ces produits coûtent entre10 et 15 euros la boîte de 30 gélules.

Première enseigne testée : la surface est grande, des promotions sont affichées et à l’extérieur, une machine en libre-service est installée. On peut se procurer des médicaments contre la fièvre ou encore contre la douleur sans demander conseil à son pharmacien. Raphaëlle Mantoux s’arrête pour prendre des renseignements et cela en toute discrétion, avec un micro caché.

les dépenses de la sécu en médicaments en baisse en 2013
les dépenses de la sécu en médicaments en baisse en 2013 © reuters
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