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Edito de Guillaume Erner

Je suis comme tout le monde, moi aussi j’ai de bas instincts. C’est pourquoi je me suis précipité sur cet article du Canard Enchainé qui relatait une violente dispute opposant Valérie Trierweiler à deux de ses anciennes amies, qu’elle aurait accusé de traîtrise. J’ai trouvé sublime le spectacle de cette femme perdue, la vision d’une France enfin réconciliée dans la détestation d’une ex première dame. Et puis j’ai réfléchi et je me suis trouvé dégueulasse. Car les viscitudes de l’existence trierweilerienne ne nous concernent plus . Son rôle, pas plus que celui de ses deux ex-amies, n’est public. Leurs gestes n’appartiennent en rien au débat public. De plus, il y a quelque chose d’infiniment hypocrite dans cette manière de pourrir Valérie Trierweiler pour son impudeur et ses commérages. A quoi bon vouer aux gémonies « Merci pour ce moment », son dernier livre, si la presse fréquentable se propose de prolonger elle-même ce récit. Car ce qui est détestable dans l’œuvre trierwelerienne, c’est bien sur le mépris de la vie privée, une manière de jeter aux chiens des scènes que nous aurions préféré ignorer. Mais c’est aussi, et c’est beaucoup plus grave, tirer la conversation nationale vers le bas. A un moment où nous aurions besoin de toute notre intelligence collective pour sortir du marasme, notre temps de cerveau disponible est envahi par les disputes de Valérie, la paternité de Rachida Dati, j’en passe et des pires. Il nous faudrait nous pencher sur l’essentiel, et l’on nous gave de rien, de bêtises et de foutaises. La France a déjà connu un tel moment hélas, pendant les années trente, où la presse se délectait des aventures de la belle Otéro et de Liane de Pougy. La presse traitait de tout, il y avait même des photos de la salle de bains d’Hitler, elle traitait de tout, sauf de l’essentiel. Souvenons-nous de l’exhortation de Montesquieu, « il n’est pas indifférent que le peuple soit éclairé ». Eh bien aujourd’hui beaucoup préféraient le voir éteint.

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