Avec le reportage dans un supermarché bio d'Antoine Ly : est-il possible de privilégier les circuits courts quand on habite une grande ville ?

Avis de locavore
Avis de locavore © DR <a href="https://plus.google.com/111227932029231662171/posts/DQ3yNUyXqXJ" target="_blank">La Ruche qui dit oui</a> /

Edito de Guillaume Erner

Depuis hier, en France, ça ne vole pas très haut. Pardon, je n’ai pas pu m’en empêcher : je pensais évidemment à la grève des pilotes d’Air France. Car les grèves ne reposent pas seulement les trains, ou les avions, elles permettent aux journalistes de se mettre en pilotage automatique. Un arrêt de travail dans les transports et immédiatement on ressort le kit « mouvement social » avec ces expressions toutes faites : journée noire et autres usagers en galère pour rappeler que s’ils veulent avancer, il va leur falloir ramer. Comme le rappelait Roland Barthes, dans son langage des années soixante, la grève passe aux yeux du bourgeois pour un scandale logique. Selon Barthes, l’effet de la grève se disperse incompréhensiblement loin de la cause, et c’est là ce qui est intolérable, choquant. Car la grève, poursuit Barthes, gêne directement ceux qu’elle ne concerne pas, autrement dit les usagers, et non les PDG ou les politiciens . Mais ce que Barthes ignorait, c’est qu’il existe une hiérarchie dans les grèves. En bas, se trouvent celles qui touchent les RER, puis viennent les grèves qui frappent les TER. Puis on trouve la France d’en haut, celle empêchée de prendre son TGV ou son avion. Les grèves de RER représentent le prolétariat du mouvement social, les usagers piétinent, s’énervent, leur force de travail ne trouve pas à s’employer. En revanche, lorsqu’il s’agit d’une grève d’avion le niveau monte : le Parisien de ce matin parle de « passagers philosophes ». C’est que les victimes d’une grève d’avion appartiennent à une autre classe que les usagers du RER, ils appartiennent à la classe affaire. Conclusion de l’histoire : lorsque les avions ou les trains demeurent immobiles, on n’entend plus qu’un seul bruit, comme aurait pu le dire Roland Barthes, celui de l’inconscient de classe.

Le reportage d'Antoine Ly

Est-il possible de privilégier les circuits courts quand on habite une grande ville ? Pour le savoir notre reporter Antoine Ly s'est rendu en micro caché dans un supermarché bio.

Il s'est informé d'abord auprès du vendeur puis auprès du responsable de ce magasin de la région parisienne (Boulogne Billancourt).

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