L'addiction au sexe semble avoir fait son entrée sur la scène médiatique. Pourtant, l'appétence ou les pulsions sexuelles se distinguent de l'addiction sexuelle, entendue comme pathologie. Quels symptômes, comment se soigner ? Avec vos remarques au 0145247000, sur franceinter.fr ou twitter

Edito de Guillaume Erner

La disparition du patron de Total, Christophe de Margerie , pose la sempiternelle question : quand est-ce que beaucoup ça fait trop pour une nécrologie ? Certains comprennent que l’on en ait fait des litres à son sujet. D’ailleurs, ça n’est pas pour excuser mes confrères, mais enfin il n’y a rien de plus compliqué qu’une viande froide, une nécrologie comme on dit dans le jargon des journalistes. Bien sûr, l’objectivité aurait pu gagner ce que la révérence aurait perdu. Mais la disparition de Christophe de Margerie est aussi l’occasion d’un hommage à Total, ou plus exactement un total hommage, « Total Recall » pour le dire en anglais. L’homme était apparemment sympathique, à la différence du système de fraude fiscale, pardon d’optimisation fiscale, mis en place sous sa présidence, ou bien encore de l’intense travail de lobbying du groupe Total en faveur du gaz de schiste, « schiste fucking » pour le dire en anglais. Reste qu’il y a quelque chose d’infantile dans ces nécrologies qui refusent de tout dire au nom du respect du mort, agir comme on agit dans l’espace privé, alors que l’information concerne l’espace public, et s’adresse par conséquent à des gens qui ne connaissaient pas le défunt. Mais les enterrements, comme on le sait, ne concernent pas les morts mais les vivants . Dans ces conditions, que signifie ce chœur de louanges ? Que la France a perdu le PDG d’une grande entreprise française, certes. Pourtant Total ne crée pas de la richesse mais en extraie du sous-sol. Mais justement, aujourd’hui, à New York comme à Bombay, la valeur ce sont les idées et l’intelligence, tandis que dans l’hexagone, on en est resté aux trente glorieuses, aux autoroutes, à la DS et à la pompe à essence. La voilà la preuve que la modernisation de notre pays tarde à venir. En France, on a du pétrole, et c’est pourquoi on n’a toujours pas d’idées.

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