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L'édito de Guillaume Erner

Il fallait forer pour trouver un gisement dans le discours de Nicolas Sarkozy, hier soir. Non pas une mention aux primaires UMP – cela n’intéresse qu’Alain Juppé et sa famille – mais la possibilité d’un forage pour chercher dans notre sous-sol du gaz de schiste. C’est à cela que l’on reconnaît un grand politique : aborder un sujet capable de polluer le débat public, de fracturer hydrauliquement l’opinion. Car bien sûr, ce n’est pas parce qu’il est clivant que les gaz de schiste ont été exploités par Nicolas Sarkozy, mais bien parce qu’il était clivant. Le schiste est schismatique comme le droit de vote des étrangers, les 35 heures ou le mariage pour tous.L’essentiel, en politique, n’est pas d’unir son camp mais de diviser l’autre . Et le schiste va fracturer la gauche, rendant impossible une union entre Montebourg, partisan des forages, et les écolos, qui en sont les adversaires irréductibles. Des débats interminables et surtout meurtriers vont accompagner cette fausse bonne idée, représentée par les gaz de schiste. Car, si l’on en croit l’expérience américaine, dans le Dakota du nord, ces gisements ne sont pas seulement polluants, ils sont aussi très peu rentables. Et puis il n’y pas que l’économie dans la vie, il y a aussi la philosophie. Et l’on pourrait s’étonner que la meilleure façon de trouver des richesses aujourd’hui en France, pour un homme de droite, se situe dans le sous-sol. Car cela fait environ cinq siècles, depuis l’abandon des théories dites « mercantilistes », que l’on sait que la terre ment lorsqu’elle prétend rapporter. La créativité, le génie humain créent infiniment plus de richesses qu’un forage, et c’est finalement un étrange projet pour la France que de vouloir en faire un nouvel émira t. Vouloir nous transformer en Qatar, pour marquer son retour en politique, c’est une drôle de catharsis, un traitement de choc nommé schiste fucking.

Le reportage de Thomas Chauvineau

Notre reporter rencontre l'administrateur de l'odéon. Payer 130 salariés , les charges, etc.. cela coûte 10 millions ...plus une subvention de 7 millions pour la création. En dehors des mécènes, co productions et la billeterie, un spectacle coûte vraiment entre 100 000 et 300 000 euros.Bref, Thomas Chauvineau tente de comprendre le rôle des subventions dans la production artistique en France, et ce n'est pas si évident...

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