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les prud'hommes donnent raison aux licenciés de molex
les prud'hommes donnent raison aux licenciés de molex © reuters

Edito de Guillaume Erner

Discrimination ne se dit pas de la même en façon en français et en américain. La preuve par deux articles distincts publiés hier dans le Monde et le New York Times, consacrés à un thème identique, les discriminations dans les établissements universitaires d’élite.Pour rentrer à Polytechnique, il faut être blanc, mâle et Parisien. Vous allez me dire que ça n’est pas une surprise, mais ce qui pourrait l’être, c’est que la mixité sociale est plus faible, je dis bien plus faible, qu’auparavant. Pire encore : les épreuves orales, après l’admissibilité, contribuent à faire baisser la mixité sociale, comme si les jurys sélectionnaient autant sur des critères sociaux que sur des critères de savoir, parce qu’à l’oral, les origines sociales apparaissent. Aux Etats Unis, la situation est radicalement différente. Contrairement à Polytechnique, ce n’est pas la discrimination qui fait débat, mais la discrimination positive. Pour rétablir une mixité sociale satisfaisante des quotas officieux ont été établis, et ce sont eux qui font polémique. Aux Etats Unis, les statistiques ethniques sont licites, par conséquent les universités connaissent les origines des étudiants. Mais cette discrimination positive à Harvard est là pour assurer une chance minimale aux blancs. Oui, oui vous avez bien entendu,sans discrimination positive explique le New York Times, les blancs seraient minoritaires à Harvard. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que les noirs représentent 12 % des étudiants, les hispaniques 13 %, et les étudiants d’origine asiatique, en l’absence de quotas officieux, constitueraient plus de la moitié des étudiants d’Harvard. Voilà pourquoi le pourcentage d’étudiants d’origine asiatique a été de facto limité à 20 %. Voilà aussi pourquoi, malgré la persistance du racisme en France et aux Etats Unis, malgré les émeutes de Ferguson, ce sont les moyens de combattre la discrimination qui posent problème aux Etats Unis, tandis qu’en France, on n’a pas encore commencé le combat.

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