Aubergine c’était la couleur de leur uniforme et de leur petit chapeau.

Photo datée du 14 octobre 1968 de deux des premières contractuelles chargées de dresser des contraventions aux automobilistes mal garés dans les rues de Paris.
Photo datée du 14 octobre 1968 de deux des premières contractuelles chargées de dresser des contraventions aux automobilistes mal garés dans les rues de Paris. © AFP / STF / AFP

C’est devenu un méchant sobriquet. On leur a donné tous les noms d’oiseaux tellement on les détestait. Contractuelle, auxiliaire féminine, fliquette à parcmètres, c’était un métier peu qualifié, considéré dans les années 60, comme un travail pour les mères de famille. Mais ce qu’on dit moins c’est que ces femmes ont été des pionnières dans un métier d’homme : la police.

Et pourtant. Que celui qui n’a jamais perdu son sang- froid devant une aubergine lève la main. On avait beau les supplier, pleurer, hurler, ou encore les insulter ou les menacer. Rien n’y faisaient. Elles étaient imperturbables.

Esprit d’équipe, grande disponibilité, bonne condition physique. Doit aimer être à l’extérieur de tout temps, et disposer d’une grande faculté d’adaptation face aux multiples situations qu’elle peut rencontrer. Voilà les qualités essentielles et les compétences requises qu’il fallait posséder pour devenir agent de surveillance de la voie publique.

En 1977 les aubergines deviennent des pervenches du fait de leur nouvel uniforme bleu ciel. Elles sont consacrées par une série TV. Une gentille Marie Pervenche qui veut aider son prochain. Gnan gnan à souhait.

Toute une époque. Aujourd’hui le métier a été délégué à des prestataires privées pas toujours honnêtes et aux caméras de surveillance qui peuvent verbaliser à distance. On les regretterait presque nos aubergines et nos pervenches

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