Alice Sapritch était un monstre sacré. Une légende que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre. Vedette de la télé, extravagante, bouleversante, retentissante. C’était une diva. Une star, une vraie.

 Alice Sapritch, actrice et comédienne en vacances.
Alice Sapritch, actrice et comédienne en vacances. © Getty / James Andanson

Port de reine, masque antique, regard lourd, voix grave, turban, collier de perles et fume cigarette. 

La Sapritch, on l’a vue en déshabillé lovée dans des canapés, interviewée à propos de son chat qui n’aime que le foie gras, nue dans sa baignoire dissimulée par la mousse de son bain. Alice Sapritch avait le gout de la provocation, elle en faisait des tonnes, elle ne se faisait aucune illusion sur rien ni sur personne. Fascinante et contradictoire.  

Chacune de ses apparitions faisait sensation. Femme du tout Paris, femme populaire. Tout le monde la connaissait, de Salvador Dali au chauffeur de taxi.  Elle disait qu’elle était une vedette du trottoir. Lucide. Elle avait un humour vachard. Une sorte de politesse du désespoir.  

Comprenez-moi

Comprendre quoi ? Qu’elle revenait de loin ? Qu’elle avait mangé de la vache enragée ? Sa volonté de se distinguer ? Son sens de la dérision. Qu’elle cultivait avec plaisir. Invitée de toutes les émissions télé, elle faisait un tabac à chaque fois. 

"Grande dame des petits rôles" disait-on méchamment. Ce n’est pas la carrière qu’elle souhaitait. On a fait d’elle le porte étendard de la laideur, on a fait sur elle les plaisanteries les plus sordides, Thierry le Luron en tête.

Mais la Sapritch, toujours grande dame, jouait le jeu et se riait d’elle-même.

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