Vous me répondez Maïté ! Maïté Ordonez, à la tête de l'émission 'La Cuisine des Mousquetaires' sur FR3 Aquitaine, d'abord, puis sur le réseau national, a fait saliver plus d'un-e téléspectateur-trice avec sa cuisine du terroir. Une cuisine riche et généreuse, bien loin de la "nouvelle cuisine" et des petites assiettes.

'La Cuisine Des Mousquetaires' Avec Maïté Ordonez et Micheline Banzet Le 11 février 1993.
'La Cuisine Des Mousquetaires' Avec Maïté Ordonez et Micheline Banzet Le 11 février 1993. © Getty / Frédéric REGLAIN / Gamma-Rapho

Castafiore du confit en chemisier jaune canari, diva du gésier, cuisinière gasconne truculente et chaleureuse, Maïté crevait le petit écran. Tonitruante, bâtie comme une armoire à glace, Maité était la vedette de l’émission « la cuisine des mousquetaires ». Scène culte : Maité a devant elle, des anguilles frétillantes, à ses côtés la fidèle Michèline, grande bourgeoise parisienne qui lui sert de faire valoir

Perle du Sud-Ouest, Maité a d’abord travaillé à la SNCF, elle annonçait à coups de trompette l'arrivée des train pour les ouvriers sur les voies ferrées. Et quand elle trompetait pas, Maité cuisinait dans son village de Rion les banquets de troisième mi-temps de rugby. C’était le début des années 80, on était en pleine vague de décentralisation. Jack Lang

Une garbure, un foie gras, un bon magret grillés avec des cèpes et des pommes de terres persillée. Maité aime gueuletonner. La recette doit être copieuse. La graisse généreuse. Pantagruélique. Maité a inventé la cuisine à haut risque. Un banal gigot d’agneau flambé pouvait prendre des allures de bombardement avec des flammes de 3 mètres de haut. Et la dégustation d’Ortolan un moment érotisme stupéfiant.

Feu de bois qui crépite, lambris, cheminée, casseroles en cuivre, bouquets de fleurs séchées ou bien miche de pain. C’est dans ce décor kitch que Maité débite, dépèce, évide, boyaux, viscères et cervelle. C’est de la cuisine saignante comme on l’avait encore jamais vue à la télé. Et à la fin du banquet, Maité ne manquait jamais d’entonner d’une voix de stentor : « c’est bon hein ».

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