Vous me répondez "SOS Racisme".

Badges "Touche pas à mon pote" en 1985
Badges "Touche pas à mon pote" en 1985 © Getty / Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho

"Touche pas mon pote" c'était ce qu'on pouvait lire sur le badge en forme de main, que l’on voyait épinglé aux revers des manteaux au milieu des années 80. Une main ouverte pour dire stop aux crimes racistes, une main tendue, comme un geste de conciliation.

Le 15 juin 1985, 300 000 personnes se rassemblent place de la Concorde pour un gigantesque concert des potes. A la tribune Harlem Désir président de SOS Racisme

Pourtant ce badge c’est aussi le symbole de la récupération politique d’un mouvement de contestation qui avait commencé deux ans plus tôt à Lyon. L’été 1983 dans les banlieues, les crimes racistes et les bavures policières se multiplient. Et plutôt que de participer à l’escalade de la violence, des jeunes de la cité des Minguettes décident de faire une marche pour l'égalité et contre le racisme.

"La France c'est comme une mobylette pour avancer il faut du mélange" c’était un des slogans des marcheurs. La France découvre une jeunesse qu’elle ne connaissait pas, arabe et française à la fois. 

C'est la première fois que les enfants d'immigrés prennent publiquement la parole. Ils parlent de droits et d'égalité, de république et de démocratie. Mitterrand les reçoit à l'Elysée. Quel espoir. 

Les marcheurs ont cru que leur vie allait changer. Mais les potes ont étouffé les marcheurs. De cette revendication politique contre le racisme et pour l’égalité, SOS Racisme en a fait une posture morale et universaliste. La main tendue c’est le symbole d’un échec, d’une occasion ratée, qui ne s’est plus jamais présentée. 

Dans les rues de Lyon de 2007 lors d'une manifestation contre le racisme
Dans les rues de Lyon de 2007 lors d'une manifestation contre le racisme © AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
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