"A l’Est d’Eden", "La Fureur de Vivre" et "Géant", 3 films, une Porsche et une fin tragique, c’est tout ce qu’il aura fallu à James Dean pour devenir le symbole d’une nouvelle Amérique, jeune et rebelle… Philippe Collin et Xavier Mauduit se penchent sur le mythe James Dean, éternelle figure de l'adolescence

James Dean sur le tournage d'"À l'est d'Éden" d'Elia Kazan le 1er janvier 1955
James Dean sur le tournage d'"À l'est d'Éden" d'Elia Kazan le 1er janvier 1955 © Getty / John Kobal Foundation /

Ils reçoivent le romancier Philippe Besson, auteur du roman Vivre vite (ed. Julliard, 2015) et le journaliste Emmanuel Poncet, rédacteur en chef du magazine GQ.

Edgar Morin écrivait en 1969 "une culture adolescente juvénile relativement nouvelle se constitue vers les années 1955, à partir d'un certain nombre de films, dont les plus significatifs sont ceux de James Dean et Marlon Brando." 1955. C'est l'année où, sur les écrans, on peut voir A l'est d'Éden et La fureur de vivre 1955. C'est l'année où est tourné Géant, toujours avec James Dean, en 1955. C'est l'année où meurt James Dean, à seulement 24 ans.

Mildred Dean, la maman 

Philippe Besson : "C'est un personnage émouvant, une femme tout à fait singulière. parce qu'on est dans l'Indiana dans les années 1930, c'est un État du Midwest proche du Michigan. C'est un État rural où il fait -20° l'hiver et 35 l'été. 

Mildred n'est pas une intellectuelle de New York. Et pour autant, elle va élever son fils en lui apprenant la danse, les claquettes, la comédie, en éveillant ses sens, sa curiosité, sa sensibilité dans un rapport extraordinairement fusionnel. James Dean est son fils unique. Le père prothésiste dentaire est souvent absent. Entre la mère et le fils va se jouer quelque chose de formidable. 

L'enfance incroyablement joyeuse de James Dean va se briser net lorsque qu'il atteint l'âge de 9 ans. Mildred, qui n'a pas trente ans, découvre qu'elle est atteinte d'un cancer, elle va succomber à cette maladie."

La beauté de James Dean

"James Dean, qui est un adolescent sublime. Tout le monde le remarque.  Mais il y a discussion : parce lorsqu'on le voit sur les photos, on tombe à la renverse. Mais cette beauté écrasante n'est pas évidente. Il n'est pas dans les canons de la beauté de l'époque : mesurer 1,85m, avoir une mâchoire carrée et un côté très viril. James Dean mesure 1,72m, il est voûté, il ne voit rien à cause de sa myopie, il a les cheveux en broussaille. Et comme il est insomniaque, il a des poches sous les yeux et il marmonne ! 

Franchement, il est loin des critères de beauté. Sauf que quand il rentre dans une pièce ou quand il joue la comédie, on ne voit plus que lui. 

Ça s'appelle la grâce. Il a un charme incroyable. Il y a quelque chose chez lui, de très puissant, de volontaire, d'ambitieux. Sa détermination est très forte. Et puis, à côté de ça, il a une capacité à s'effondrer, une douleur... La comédie va l'aider à ramasser ses obsessions, ses névroses, à exprimer ses désirs, ses envies. Il va le faire avec une puissance incroyable."

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Rediffusion du 25 avril 2015

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