Une époque, la fin des années 1960, une région, la Californie, des drogues, plein, et un leader charismatique... Philippe Collin et Xavier Mauduit revisitent l'histoire brève et intense du groupe The Doors en compagnie du batteur John Densmore et de l'écrivain et critique Rock Michka Assayas.

Légende : The Doors : Jim Morrison, Ray Manzarek, Robbie Krieger et John Densmore en 1966
Légende : The Doors : Jim Morrison, Ray Manzarek, Robbie Krieger et John Densmore en 1966 © Getty / Michael Ochs Archives

Rediffusion de l'émission du 24 mai 2014

Michka Assayas : "On dit toujours que les Doors, est un des plus grands groupes de Rock n'roll. Mais au départ, Jim Morrisson aimait surtout le blues et le jazz. Arrivé en Californie, après une jeunesse compliquée avec un père très dur, il expérimente : drogues, cinéma, et la musique grâce à Ray Manzarek. Ce dernier est un véritable musicien. Jim Morisson a l'idée d'un spectacle étrange dans une période, où l'on cherche l'au-delà dans la musique. 

En Californie, ils ne sont pas les seuls à fonder un groupe. La particularité des Doors ? Il n'y a pas de bassiste dans leur formation. Ray Manzarek a deux claviers, dont l'un qui lui sert à faire les parties de basse. C'est un groupe, qui improvise beaucoup, donc assez proche du jazz."

Très vite, Les Doors, un groupe qui sent le souffre

'Le groupe joue d'abord dans des clubs dont le "London fog". Il s'y passe des choses hallucinantes. Les Doors prennent beaucoup de drogues. 

Le chanteur Jim Morisson se met à crier qu'il veut tuer son père et sa mère. Ils se mettent tous à hurler comme des loups à la pleine lune. C'est un peu trop pour les gérants, et ils se font virer.

La même histoire se répète au club le "Whisky à gogo"... Les Doors sont provocants. 

Dans les documents d'époque Morisson est comme absorbé, dans son monde intérieur. Il est très charismatique. Habillé en cuir noir, il concentre tous les regards. Il a un côté poète halluciné. D'ailleurs, il l'était au sens propre : il prenait des drogues hallucinogènes.  

Dans les concerts des Doors, les gens sont comme à la messe. Ils sont complètement ahuris par ce qu'ils entendent et par ce qu'ils voient. Ils sont souvent assis, ou comme interdits. L'ambiance n'est pas "sympa", mais plutôt inquiétante. Ce genre de spectacle vient de l'idée qu'une fois que les démons sont expulsés, on est apaisé. C'est inspiré du "Théâtre de la cruauté" d'Antonin Arthaud. Sur scène, il y a un "théâtre vrai" qui vous purge des émotions mauvaises, de ce qui vous tourmente et qu'à la fin, vous sortez "tranquilles". On est à l'opposé de la musique formatée d'aujourd'hui."

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