Perruque peroxydée, Campbell's soup, Chelsea hotel, Velvet Underground... Philippe Collin et Xavier Mauduit explorent l'atelier d'Andy Warhol, roi du pop art avec l'historien Alain Cueff, commissaire de l'exposition "Le Grand Monde d'Andy Warhol" au Grand Palais à Paris en 2009 et le photographe David LaChapelle

Andy Warhol en 1967
Andy Warhol en 1967 © Getty / Hulton Deutsch

La Factory c’est l’atelier d’artistes créé par Andy Warhol dans les années 60. La Factory c’est la fabrique de sérigraphies à la chaîne, la fabrique d’un mythe d’ascension sociale, la fabrique de Superstars disait Warhol.

Il y a deux siècles, le voyage était long pour se rendre d'Europe aux Etats-Unis. Et sur les navires, il était difficile de conserver la nourriture. En 1810, une invention du Français Nicolas Appert a tout changé. La boîte de conserve, elle, a connu un grand succès aux States, où les pionniers avaient d'immenses territoires à traverser. 

À la fin du 19ème siècle, nouveau bouleversement : un industriel a l'idée de mettre de la soupe en conserve. Gros succès. L'invention est médaillée à L'exposition universelle de Paris en 1900. D'ailleurs, cette médaille est reproduite sur les boîtes de soupe, des boîtes de soupe rouge et blanche, des boîtes de soupe Campbell's, évidemment, des conserves qu'Andy Warhol a reproduites en série au début des années 60 pour une œuvre majeure du pop, Hart est sans doute plus que des soupes en conserve. L'art d'Andy nous a nourri. 

L'historien de l'art Alain Cueff nous raconte l'ascension fulgurante de Warhol des mines de Pittsburgh à la reconnaissance internationale d'Andrew Warhola, pape du Pop Hart : 

Andy Warhol avait souvent l'habitude de dire : "Je viens de nulle part"

"Son père était un gamin des Carpates. Lui est né aux Etats-Unis. "Nulle part", c'est deux choses :  les Carpates qu'il n'a jamais connu, qu'il n'a jamais voulu visiter. Et puis, "nulle part", c'est aussi Pittsburgh qui est l'Amérique profonde qui ressemble à l'enfer industriel du début du siècle. 

Vous avez prononcé le mot de Pittsburgh ? Il y est né le 6 août 1928. Andy Warhol. Il a grandi en Pennsylvanie. Une enfance assez particulière parce qu'il est malade. Il est atteint de la danse de Saint-Guy (Chorée de Sydenham, maladie rhumatismale, conséquence d'une infection du système nerveux central). Contraint à être alité régulièrement, il est soigné par sa mère. Cette maladie est importante pour comprendre le personnage : dans ces moments de souffrance, il dessine, il écoute la radio, il collectionne des photos de stars de cinéma. 

Cette maladie lui permet d'avoir un rapport avec sa mère très étroit. (Elle va venir à New York habiter chez lui et jusqu'à quelques jusqu'à quelques mois précédant sa mort). Elle sera à ses côtés et elle est porteuse de toutes ces traditions d'Europe centrale, que ce soit les œufs de Pâques peints, la façon de bricoler un certain nombre d'objets pour les vendre dans le voisinage dans cette communauté de Pittsburgh... Et très tôt, elle l'encourage à dessiner, à faire comme elle. 

Warhol est fragile nerveusement, mais il a ce qui va avec : une sensibilité exacerbée. Il dit cette phrase célèbre : "Je préférerais ne pas me soucier trop des autres". Comme si, la compassion était un engagement inéluctable qui l'aurait entraîné trop loin de sa création. 

Il y a une date importante dans la vie d'Andy Warhol : 1949. C'est à la fois, il fint ses études en Pennsylvanie. Et puis c'est l'année où il va partir à New York. Ce jeune Andy Warhol, tout tout frais diplômé sait où il va. Très tôt, il a conscience de son homosexualité et la ville est le lieu, où il va pouvoir s'épanouir. Il veut devenir artiste, mais d'abord, il travaille dans la publicité, ce à quoi il a été formé. Donc pas de folies, ni de rêves inateignables, il veut d'abord se constituer un trésor de guerre." 

La suite est à écouter...

Rediffusion du 31 janvier 2015

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