Ici pas de clients mais des coopérateurs et des bénévoles, des prix qui se veulent plus bas pour des produits de meilleure qualité, une sorte d’utopie de la grande distribution.

Choix de pommes
Choix de pommes © Getty / Patrick Lane

Les supermarchés coopératifs sont-ils différents des supermarchés classiques ?

Complètement différents, ici pas de clients mais des coopérateurs et des bénévoles, des prix qui se veulent plus bas pour des produits de meilleure qualité, une sorte d’utopie de la distribution qui pourrait bien devenir réalité en France.

Car cela existe déjà notamment aux États-Unis ?

On en parle comme un exemple de supermarché coopératif : le "park slope food coop".

Là bas à New York, depuis 40 ans, au cœur de Brooklyn on fait la queue 40 minutes aux caisses et on doit y travailler 2h45 par mois obligatoirement pour avoir le droit d’y faire ses courses. Aujourd’hui 16 000 personnes font partie de cette coopérative qui a du doubler sa surface de vente par deux pour répondre à la demande qu’elle ne peut plus satisfaire aujourd’hui. Côté qualité, on parle de la meilleure alimentation de la Big apple avec des prix très très bas : un modèle coopératif !

Un film actuellement en salles a d’ailleurs été réalisé sur ce fleuron par Tom BOOTH qui est aussi co-fondateur de la Louve à Paris qui est sur le point d’ouvrir ses portes : ce sera le premier supermarché coopératif en France rue des poissonniers dans le 18e arrondissement avec ses 2000 membres.

La « Louve » est bien avancé et d’autres projets de supermarchés suivent ?

Une petite vingtaine partout en France : Montpellier, Nancy, Toulouse, Grasse ou Nantes avec Scopéli, un projet qui avance vite avec déjà 1000 personnes impliquées (ils sont dans la phase de recherche d’un local).

Un deuxième projet parisien avance bien aussi dans le 12e arrondissement : « Le panier du 12e ». Pour le moment ils sont moins nombreux qu’à Nantes mais ils ont le même objectif que tous les autres projets en France : fédérer suffisamment d’adhérents (environ 2000), trouver un local, installer le groupement d’achats et commencer l’activité.

Et puis si cela marche, la question se posera sur certains aspects juridiques à terme ?

Notamment sur cet engagement de participer trois heures par mois en qualité de bénévole. En principe le bénévolat implique de n’être obligé de rien au risque de voir l’activité requalifiée en activité professionnelle avec tout ce que cela implique (contrat, charges, droit du travail..). Lorsque j’en ai parlé avec mes interlocuteurs la plupart m’ont confirmé qu’il y avait un flou sur cette question et qu’il allait sans doute falloir que des lignes bougent mais que ce serait alors le signal qu’ils ont réussi.

Sur la vingtaine de projets en cours il y a des points communs

On les a pratiquement tous contacté pour faire un état des lieux. Leurs grosses problématiques communes sont de fédérer assez de monde puis de trouver un local. Le modèle est à peu près partout le même : une participation financière de départ et trois heures de temps à donner par mois.

Souvent l’expérience commence par un groupement d’achat en ligne ou dans un point de rencontre. Et dans la grande majorité des cas, la « Louve » et le film Food Coop ont été déclencheurs avec un enjeu commun : transformer une dynamique qui semble prendre assez vite en un projet de grande distribution.

Et puis dernier point pour les auditeurs intéressés par les supermarchés coopératifs, un site les recense : supermarches-cooperatifs.fr

Une idée de dossier ? Vous connaissez une initiative qui pourrait changer (un peu) le monde et notre quotidien ? Ecrivez-nous : valere.correard(@)radiofrance.com

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