Cette crise occupe tous les esprits et c’est légitime, elle nous a bousculé depuis bientôt neuf mois, une grossesse donc, et si le temps d’un premier accouchement était venu ?

La crise peut-elle nous permettre de voir plus loin que notre système actuel ?
La crise peut-elle nous permettre de voir plus loin que notre système actuel ? © Getty / Dermot Conlan

Bien sûr c’est encore tôt, mais c’est peut-être aussi l’occasion de nous interroger sur la manière dont ça nous a bousculé, avec ce nouveau tour de vis qui n’arrange rien… Et peut être aussi de préparer aux prochains rendez-vous.

Oui cette épidémie est inédite, oui elle a sans doute été provoquée ou accélérée par un modèle intenable, non ce n’est pas la pire que nous aurons à connaître au cours du siècle… Malheureusement le dérèglement climatique, la pollution massive ou l’extinction de la biodiversité risquent d’être à l’origine de crises encore plus graves, et il est peut être temps de s’y préparer et d’essayer de limiter le choc quand c’est encore possible.

La crise du Covid peut nous servir d’expérience et nous faire réaliser certaines limites de notre modèle ?

Ça se tient. Nous avons vu un modèle d’hyper mobilité, d’hyper consommation vaciller fasse à l’infiniment petit, confinés comme au Moyen-âge à l’heure de l’intelligence artificielle, des GAFAM, du big data, des voyages sur Mars… un virus donc, mortel pour une partie très minoritaire,  venu d’animaux sauvages si loin de nous a tout chamboulé… nous avons vu que la technologie ne pouvait pas tout en tout cas pas assez rapidement, cela peut nous interroger consciemment ou pas, et ouvrir une période fertile, ou plutôt « sensible », pour Boris Cyrulnik, neuropsychiatre,  le Covid nous a en quelque sorte rappelé à l’ordre, nous ne sommes pas au-dessus des lois de la nature…c’est pour beaucoup d’entre nous un choc…

Qu’est ce qui pourrait sortir de cette expérience inédite ?

C’est très difficile à dire mais sans doute a minima le fait de réaliser les limites du monde dans lequel nous vivons mais aussi les conséquences de nos choix en tant qu’espèce.

Pour Boris Cyrulnik, trois hypothèses sont envisageables. Rien ne change et dans 3 ans un autre virus fera son apparition, si après le chaos nous ne donnons pas de sens à l’histoire nous risquons de nous réfugier dans le discours de politiques populistes qui se diront sauveurs et providentiels, et enfin, 3ème voie, un nouvel ordre social…

Aller plus loin

► Pour retrouver la version longue de l’interview de Boris Cyrulnik, c'est sur  ID (l'Info Durable)

► Vous connaissez une initiative qui peut participer à la transition écologique ? Contactez Valère Corréard.

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