C'est un sujet plutôt méconnu par le grand public alors qu'il cache de vrais enjeux : aujourd'hui, les professionnels ne peuvent acheter en principe que des semences répertoriées dans un catalogue officiel alors que les particuliers eux peuvent acheter et donc utiliser librement des semences paysannes. Explications.

Depuis presque un an, la vente des semences est libre pour les particuliers mais toujours interdite pour les professionnels qui ne peuvent pas non plus revendre leurs semences.
Depuis presque un an, la vente des semences est libre pour les particuliers mais toujours interdite pour les professionnels qui ne peuvent pas non plus revendre leurs semences. © Getty / illustration

Aujourd’hui et depuis moins d’un an, la vente des semences est libre pour les particuliers, par contre les professionnels ne peuvent en principe ni revendre leurs semences ni donc avoir accès à des variétés qui ne sont pas référencées dans « le catalogue officiel des espèces et variétés cultivées », d’ailleurs chaque nouvelle variété y est inscrite par décision du Ministère de l’Agriculture.

Certains acteurs réclament la libéralisation des semences

Pour eux la situation est ubuesque : l’industrie agroalimentaire fait tout pour cadenasser l’offre de semences disponibles, donc des standards, non ou peu reproductibles, avec une certaine vision d’un modèle alimentaire tourné vers le rendement quantitatif au détriment du qualitatif. Pour les militants de cette libéralisation, quand on contrôle les semences, on contrôle tous les maillons de la chaîne alimentaire.

Produire sa propre semence, conserver une partie de sa récolte pour la re-semer, il y a à peine un siècle on n'en parlait même pas. Jusqu'à ce que l'industrie s'empare des semences en les brevetant, en les sélectionnant sous couvert de produire plus, de produire mieux ce qui est une propagande totalement fausse (Ananda Guillet, Président de Kokopelli)

Un accès libre pour les particuliers, difficile pour les professionnels

Depuis presqu‘un an, la vente des semences est libre pour les particuliers mais toujours interdite pour les professionnels qui ne peuvent pas non plus revendre leurs semences.

Pourtant, il y aurait bien un intérêt très pratique pour le consommateur d'accéder à des fruits et légumes issus de semences libres d'après Ananda Guillet.

Une tomate issue d'une variété ancienne cultivée en agroécologie dans le jardin de votre grand-mère, elle va être dix fois plus rentable et productive qu'une tomate cultivée avec des rendements nettement plus élevés aux yeux de l'industrie  

► Retrouvez la version longue de l’interview de Ananda Guillet, Président de l'association Kokopelli ici.

► Vous connaissez une initiative qui peut participer à la transition écologique ? Contactez Valère Corréard.

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