La filière des œufs en France a besoin de beaucoup de poules pondeuses. Ainsi, à la naissance des poussins destinés à rejoindre les élevages, tous les mâles sont tués dans des conditions atroces. Il existe désormais une solution qui permettrait d'éviter de gâcher ces 50 millions de vies destinées à la mort immédiate.

Chaque année, 50 millions de poussins seraient broyés ou gazés
Chaque année, 50 millions de poussins seraient broyés ou gazés © Getty

Pour faire des œufs, il faut des poules pondeuses, ce ne sont pas les mêmes que les poules à chair que l’on mange….Donc pour pondre il faut des femelles et non des mâles. Et c’est à la naissance des poussins que l’on détermine le sexe, pour les poules, direction l’élevage, pour les autres… ils sont nés « pour rien » (et je mets d’énormes guillemets), ils sont dans ce cas broyés vivants ou gazés.

Vous avez bien entendu, broyés, et c’est légal : un amendement avait bien été déposé dans le cadre de la loi alimentation, mais créer la vie pour la détruire dans ces conditions ne semble pas avoir ému la majorité.

Une startup allemande a peut-être trouvé la solution

Seleggt a développé un système qui permet de déterminer le sexe après 9 jours d’incubation grâce à un petit prélèvement opéré par un laser. Avec cette innovation, il n’est plus utile d’attendre la naissance pour connaitre le sexe qui peut être identifié dans l'oeuf, une révolution.

Et ce ne serait pas un luxe qu’elle arrive en France, puisque chaque année, 50 millions de poussins seraient broyés ou gazés.

Une entreprise française veut importer cette innovation

C’est ce que veut faire Poulehouse, une société dont je vous avait déjà parlé avec leur œuf qui ne tue pas les poules : vous savez les poules sont moins fécondes au bout de 18 mois et sont généralement abattues. Cette société a créé des fermes où les poules vivent jusqu’à leur mort naturelle (8 ans), et tant pis si elles sont moins productives.

C’est donc Poulehouse qui vient d’annoncer avoir importé 1000 poussins issus de cette sélection au laser, qui seront en âge de pondre d’ici la rentrée. Mais est ce que cela va encore faire augmenter le coût de ces œufs, certes éthiques et BIO mais aussi très chers, 6 euros les 6 ? Non d'après le Président de la société, Fabien Sauleman.

Et en préparant ce sujet, je me suis demandé si finalement on avait vraiment conscience de ce qui se cache derrière cette filière des œufs en France, et finalement, a-t-on vraiment envie de réaliser… pas si sûr.

Pour agir et réagir si vous le souhaitez après avoir entendu cette chronique : suivez Poulehouse, soutenez des associations engagées pour le bien-être animal et regardez autour de chez vous, il y a peut-être des producteurs qui vendent des œufs en circuit court et qui ne tuent jamais les poussins !

Aller plus loin

Retrouvez la version longue de l'interview de Fabien Sauleman, Président de la société « Poulhouse  » sur le site de notre partenaire média ID (L'info durable).Une réaction ou proposition de sujet ? Écrivez-nous à valere.correard(@)radiofrance.com

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