De la musique classique à la passion du football : comment transmettre la belle humeur, en compagnie de l'artiste virtuose du violon

Marina Chiche à la Cité des congrès de Nantes
Marina Chiche à la Cité des congrès de Nantes © Maxppp / Marc Ollivier

L'édito-fiction de Charles Pépin : "Je voudrais vous raconter l’histoire de l’allégresse ou plutôt, l’histoire d’une femme. Une femme qui cherche le geste parfait, le parfait staccato au violon mais son bras n’y est pas, pas assez tendu, pas assez nerveux, pas assez d’attaque, on n’entend pas encore la rafale de mitraillette, tactactactactac, ou alors pas assez relâché elle ne sait pas mais elle n’y est pas et ce jour là, nous sommes en 1998, en pleine coupe du monde de foot, et pendant qu’elle s’entraine l’équipe de France est en train de jouer et sa télé est allumée et c’est alors que tout change parce qu’une passe, une belle passe vient d’être faite à Thierry Henri et le voila qui accélère, Titi, ouiiiiii ! Titi qui accélère et laisse tout le monde derrière lui et il y a une telle accélération, une telle poussée de vie, un tel élan et une telle nervosité que ça y est, elle le trouve son geste, son staccato parfait, il aura suffit qu’elle se plugge sur l’énergie de Thierry Henri, sur la belle vie de Titi pour atteindre la beauté, et que la musique soit. La voila son instrument en main, collé à sa joue, traversé par une belle allégresse. Ca y est elle est dedans, dans la musique dans la vibration, dans l’énergie, dans la vie même.

Elle ce qu’elle aime dans la vie, c’est décloisonner

Les grands concerts de musique classique et les matchs de foot sont invités à la même fête, le léger et le profond également, comme la tristesse et la joie. Vous etiez opposées ? Eh bien dansez maintenant ! Vous etiez bien rangées dans des cases, dans des catégories, bien au chaud dans vos petites frontières, eh bien voyagez maintenant ! Nietzsche définit l’allégresse, die Heiterkeit en allemand, comme une belle humeur. 

C'est cela qu’elle cherche quand elle joue du violon, écoute à la radio les impros d’Edouard Baer ou les matchs de foot commentés par des génies de la présence. La belle humeur. Cette belle humeur qui n’est pas négation du tragique mais une manière de le regarder, de l’inviter à danser dans un souverain sourire et pourquoi pas, dans un grand rire. Quand tout un pays est suspendu à l’accélération fulgurante de Thierry Henri, quand le violon se fait voix plus qu’humaine pour faire vibrer le monde et tous nos cœurs à l’unisson, il reste peut-être du tragique mais il se fait tout petit, comme un ingrédient parmi d’autres d’une ivresse supérieure - qui se nomme, allégresse.

Pour en parler ce matin, de cette belle humeur qu’est allégresse, et des pouvoirs de la musique, j’ai la joie de recevoir ce matin la grande violoniste et supportrice de l’OM Marina Chiche, qui nous a rejoint ce matin sous le soleil de Platon pour nous aider à répondre à cette belle question : comment trouver, comment cultiver l’allégresse ?"

Marina Chiche et Charles Pépin à France Inter le 19 juillet 2021
Marina Chiche et Charles Pépin à France Inter le 19 juillet 2021 © Radio France / Aurore Juvenelle/France Inter

En concert cet été...

  • Jeudi 22 juillet au Festival Debussy en soliste avec l’ensemble Squillante à Argenton-sur-Creuse
  • Dimanche 25 juillet en trio au Festival de Saint-Paul-de-Vence avec Astrig Siranossian et Nathanaël Gouin
  • Mardi 27 juillet en duo et en trio au Festival La Clé des portes à Mer (Loire-et-Cher)
  • Jeudi 29 juillet en violon solo aux Musicales du Golfe sur l’île d’

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Liebesleid - Fritz Kreisler (Marina Chiche / Aurélien Pontier) CD Post-scriptum / NoMadMusic 2020avec

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