Qu'est-ce que le voyage ? Et si c’était, tout simplement, une définition de la vraie vie ? Une invitation au voyage et au romantisme, en compagnie du chanteur Raphaël.

Raphaël
Raphaël © AFP / Thomas SAMSON

L'intro-fiction de Charles Pépin : "Je voudrais vous raconter l’histoire du voyage ou plutôt, l’histoire d’un homme. Un homme qui prend des trains, des bateaux, un homme qui prend le large, la route, la tangente, qui s’endort dans un taxi et se réveille sur une jetée. 

Qu’est-ce qu’il cherche ? Il ne le sait pas lui-même, il cherche à trouver ce qu’il ne cherche pas, la disponibilité, la vraie, 

Il cherche, ou il ne cherche pas, peut-être qu’il sait simplement que tout doit tenir dans une valise et qu’il faut se tenir prêt, que la vie parfois nous demande de partir, peut-être qu’il aime simplement que le paysage défile, ce mouvement qui l’apaise, ces images en mouvement, derrière la vitre piquée de pluie.

Peut-être aussi que voyager, pour lui, c’est explorer les différentes parts de lui-même 

Et que sur cette vitre, déformés par les gouttes de pluie, ce sont ses différents visages qu’il aime à voir passer. Il ne se sent jamais autant chez lui que loin de chez lui, ailleurs, là-bas, sur la route. 

« Il faut s'établir à l'extérieur de soi, écrit René Char, au bord des larmes et dans l'orbite des famines, si nous voulons que quelque chose hors du commun se produise, qui n'était que pour nous ». 

Il le sait, et c’est pourquoi il part, il part et il revient. Parfois, il n’a pas besoin de train, il lui suffit de fermer les yeux, et de penser à ceux qui sont partis, tous ceux qu’il a admirés et dont l’étoile le guide encore. Il voyage au pays de leur singularité et c’est ainsi qu’il approche de la sienne. Toute singularité, affirmait Nietzsche, est un pont tendu vers une autre singularité. 

Quel beau voyage en effet que cet acte : admirer

Parfois, il n’a pas besoin de monter dans un bateau, il voyage en amitié, en amour, il ne prend pas la route mais c’est toujours le même mouvement : sortir de soi pour espérer se trouver. Toujours le même transport, qui le conduit loin de lui pour lui donner la force de devenir lui-même, toujours le même élan, qui lui donne confiance au cœur de l’inconnu, au cœur même du nouveau.

Pour en parler ce matin, de voyage mais aussi de créativité, de romantisme et de bien d’autres choses, j’ai la joie de recevoir Raphaël, le chanteur évidemment mais pas seulement, l’écrivain également, le réalisateur, qui nous a rejoint Sous le soleil de Platon pour nous aider à méditer cette belle question : la vie n’est-elle qu’une invitation au voyage ?"

Raphaël et Charles Pépin
Raphaël et Charles Pépin © Radio France / France Inter

A découvrir à partir du 23 septembre, le prochain recueil de nouvelles de Raphaël, Une éclipse, éditions Gallimard 

Programmation musicale
L'équipe