L'identité n'est-elle qu'une illusion ? Du "Bourgeois Gentilhomme" à "Kaamelott", découvrons les secrets de l'interprétation

Peut-on se jouer de soi-même ?
Peut-on se jouer de soi-même ? © Maxppp / Frédéric Dugit

L'édito fiction de Charles Pépin : "Je voudrais vous raconter l’histoire de l’identité ou plutôt, l’histoire d’un homme. Un homme aux multiples visages qui sait très bien qu’une personne n’est jamais qu’une somme de personnages, capables de danser sur plusieurs scènes en même temps, sous le regard des autres qui eux aussi ne sont pas mais ne cessent de devenir. Alors l’identité… Ca lui pose un problème. Identité, n’entend-on pas déjà la violence et la dureté, identité, n’entend-on pas déjà cette fixité, qui est négation du mouvement, de la complexité, de la vie même. Identité, n’entend-on pas déjà le staccato des mitraillettes ?

Il se souvient de son enfance : il ne les a jamais vraiment compris, tous les garçons et les filles de son âge… qui savent si bien qui ils sont, tout à leur hâte, à leur fierté d’appartenir. 

Comment peut-on vivre comme ça ? se demandait-il avec un étonnement mêlé de jalousie. Etre là où on est sans même l’avoir choisi et s’en trouver heureux, heureux et fier comme dans la chanson de Brassens : « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part ». Lui, il n’a jamais pu. Trop de choses en lui mêlées, trop de choses compliquées, trop d’intranquillité, trop de singularité, difficile de trouver au milieu de tout ce bordel ce noyau dur et insécable qui se nomme identité.

Mais alors comment l’appeler, ce qui fait qu’il est quand même lui-même, qu’il est quand même un sujet et peut-être bien le sujet de sa propre vie, comment l’appeler, ce qui de lui demeure dans le tumulte d’une vie, cet axe autour duquel tout le reste tourne, si ce n’est son identité ?

Sa vérité de sujet, cet axe, Lacan propose de l’appeler désir. Et toi, quel est ton désir ? Non pas tes désirs, tous tes désirs, mais ton désir, celui qu’il serait bon de ne pas trahir ? Oui, toi, quel est ton désir ? Ca a quand même plus de gueule que « et toi, qu’est-ce que tu fais dans la vie ? ». Alors voila… L’identité, ça lui pose un problème. Mais la fidélité, il veut bien faire avec : la fidélité à son désir, à sa quête, à son étoile. Il ne sait pas trop qui il est mais avec le temps, les rencontres et les projets, les amitiés et les amours, les aventures et les lectures, il commence à voir un peu mieux celui qu’il aimerait devenir…

Pour en parler ce matin, de l’identité et du désir, de la liberté et du destin, de ce que c’est que trouver sa voix, j’ai la joie de recevoir ce matin l’acteur et comédien, le lecteur et réalisateur Guillaume Gallienne, sociétaire de la Comédie française, qui nous a rejoint sous le soleil de Platon pour nous aider à cheminer en compagnie de cette belle question : et si l’identité n’était qu’une illusion ?"

Emission Sous le soleil de Platon avec Guillaume Gallienne
Emission Sous le soleil de Platon avec Guillaume Gallienne © Radio France / Aurore Juvenelle/France Inter
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