Peut-on sortir des "tu dois"? "Foutez-vous la paix ! " et retrouvez enfin le gout de vivre

Comment se libérer des injonctions ?
Comment se libérer des injonctions ? © Getty / Colin Anderson Productions pty ltd

L'intro-fiction de Charles Pépin : "Je voudrais vous raconter l’histoire de l’injonction ou plutôt, l’histoire d’une femme. 

C’est une femme qui ploie sous le poids du « tu dois ». Tu dois être une bonne mère, tu dois être une working girl efficace, tu dois être une femme souriante et sexy, tu dois, tu dois, et même en plein été, ça ne s’arrête pas, tu dois trouver les meilleures sardines de l’île, acheter ces tomates bio ici et pas là, faire le bon yoga à la bonne heure avec la bonne prof et puis la nuit venue, tu dois être chaude comme la braise parce c’est la saison

Mais de trop devoir, elle n’en peut plus

De trop devoir, de trop vouloir, elle ne sait plus où est son désir. Elle ne sait même plus d’où il vient, de quel ciel il tombe, cet écrasant « tu dois ».

Est-ce que c’est la voix de son père quand elle était enfant ?

Est-ce la société qui le lui ordonne ? Ces nouvelles tables de la loi sont-elles gravées dans Les magazines féminins qu’elle feuillette parfois ? Est-ce le regard de ses copines ? La voix de cet auteur de développement personnel dont elle achète désormais tous les livres ? C’est tout cela à la fois.

Mais ce n’est même plus la question, tant elle a intégré, intériorisé ces injonctions

Désormais, elle se tyrannise très bien toute seule. Il y aurait pu avoir, entre ces différents tyrans, une forme de concurrence qui la libère. Quand les maîtres se font la guerre, les esclaves prennent la fuite. 

Elle n’a même pas cette chance : cette grosse voix qui lui répète qu’elle doit, qu’elle doit donc qu’elle peut, c’est bien la sienne.

D’ailleurs, elle ne l’entend même plus, elle lui obéit d’autant plus qu’elle ne l’entend même plus. C’est dommage, quand on y songe.

Dommage parce que, bientôt, elle va craquer complètement, et pendant de longs mois ne plus rien pouvoir du tout. Elle aura alors au moins le loisir d’entendre enfin l’atroce ironie du « quand on veut on peut ». Dommage également parce que le « tu dois », bien dosé, bien pensé, bien vécu, est ce qui élève l’homme au dessus des autres animaux, faisant de lui un être social, responsable, et même moral. Comment ce qui fait notre grandeur peut-il faire également notre perte ? Est-ce une question de quantité ? Est-ce une question de manière ? Peut-on apprendre à devoir d’une manière plus relâchée, plus souple, plus heureuse ? Peut-on sortir de la prison des injonctions ?

Pour en parler ce matin, j’ai la joie de recevoir le philosophe Fabrice Midal, philosophe mais aussi fondateur de la plus grande école de méditation de France, qui nous a rejoint sous le soleil de Platon pour nous apprendre à nous foutre la paix, à retrouver enfin le goût de vivre.

Fabrice Midal et Charles Pépin le ç juillet à France Inter © Radio France / France Inter
Fabrice Midal et Charles Pépin le ç juillet à France Inter © Radio France / France Inter © Radio France

Pour aller plus loin : le livre de Fabrice Midal Foutez-vous la paix ! Et commencez  à vivre (éditions Flammarion, 2017)

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