C'est un mouvement né sur les réseaux sociaux au sein de la communauté des arabes israéliens, un cinquième de la population israélienne. Il demande à la police d'intervenir pour lutter contre une criminalité endogène

Des milliers de manifestants qui protestent à Umm al-Fahm contre l'augmentation des crimes dans les villes arabes israéliennes, le 5 mars 2021
Des milliers de manifestants qui protestent à Umm al-Fahm contre l'augmentation des crimes dans les villes arabes israéliennes, le 5 mars 2021 © AFP / MOSTAFA ALKHAROUF

La dernière victime en date est un homme de 26 ans originaire d'Umm al-Fahm, ville de 50.000 habitants dans le nord du pays, décédé mercredi après que la voiture dans laquelle il se trouvait a essuyé des tirs. On est ici au Nord d'Israël, dans des villes à majorité arabe, rongées par la violence depuis des années. Les chiffres, les statistiques de cette année sont édifiants. Plus d'une centaine de citoyens arabes israéliens tués dans des homicides depuis janvier. Un record. C'est deux fois plus qu'en 2016. ET il y a quatre fois plus de meurtres au sein de cette communauté que dans le reste de la population israélienne.  On ne parle pas ici de palestiniens tués par des soldats israéliens, comme en Cisjordanie, mais de meurtres intra-communautaires, entre arabes. Une criminalité endogène qui ne cesse d'augmenter, au point qu'un mouvement de contestation sur les réseaux a fait récemment son apparition, suivie de plusieurs manifestations, Arab Lives Matter, sur le modèle de Black Lives Matter.

C'est une bloggeuse du journal Haaretz qui est à l'origine de cette campagne virale lancée il y a quelques mois. Elle ne dénonce pas les violences policières comme aux Etats-Unis mais au contraire l'absence de réelle présence policière dans les villes arabes israéliennes. Les crimes dans cette communauté y sont 3 fois moins résolus que dans la communauté juive. Ces villes arabes sont en fait les oubliées des services publics depuis des décennies, sous dotées en infrastructures, dévastées par le chômage. Et au bout, des gangs qui tuent pour le trafic de drogue, de prostituées ou d'armes.  Est-ce un signe que la mobilisation commence à payer? Le gouvernement israélien a dévoilé hier un plan provisoire. Mais encore très centré sur la sécurité. Avec notamment le renfort de l'armée et des services secrets du Shin Bet. Les arabes israéliens eux demandent surtout des investissements sociaux sur la durée. Ils représentent 20% de la population mais se sentent toujours comme des citoyens de seconde zone.

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