Le pouvoir a fini par répondre à la colère des manifestantes, après une série de viols qui ont bouleversé le pays.

Manifestation anti-viol à Lahore (17/09/2020)
Manifestation anti-viol à Lahore (17/09/2020) © AFP / ARIF ALI

Des femmes manifestent depuis des mois au Pakistan : elles demandent au gouvernement d'agir contre les viols trop fréquents - surtout après cette affaire en septembre qui a bouleversé le pays : une mère violée par les membres d'un gang devant ses enfants. La police avait mis en cause la femme parce qu'elle avait eu l'audace de conduire seule la nuit sur une autoroute. 

A l'époque (il y a trois mois), Imran Khan, le Premier ministre, a d'abord réclamé la pendaison publique pour les violeurs. Mais pour l'image du Pakistan à l'étranger, c'était peut être trop radical. Alors il a lancé cette idée : 

Je crois qu'il devrait y avoir la castration chimique. Beaucoup de pays ont adopté cette approche.

Et ce n'est plus seulement une idée : les violeurs au Pakistan risquent bel et bien désormais la castration chimique. Un registre national des délinquants sexuels est aussi créé pour accélérer les plaintes et le travail de la justice. Le président Arif Alevis a promulgué hier cette nouvelle loi anti viol, et même si elle doit encore être ratifiée par le Parlement, elle entre immédiatement en vigueur. Des tribunaux spéciaux seront chargés de juger les affaires de viols et d'abus sexuels dans un délai maximum de quatre mois. 

Une révolution dans cet Etat musulman conservateur, où c'est le code patriarcal qui s'applique et où l'oppression des femmes est systématisée. Chiffre officiel : 11 viols par jour mais c'est certainement beaucoup plus en réalité. Cette nouvelle loi met fin aussi aux tests de virginité sur les victimes de viol, appelé le "test des deux doigts" pour vérifier l'hymen des victimes - un examen enfin abandonné.

Mais la castration chimique, quand même : les défenseurs des droits humains émettent des doutes. Pour Amnesty, c'est un procédé cruel, inhumain et dégradant. 

Sous les radars également 

  • La marque de cosmétique japonaise DHC boycottée, parce que son PDG a tenu des propos racistes contre les immigrés coréens au Japon.
  • Et la ville de Florence annonce l'ouverture d'un musée de la langue italienne l'an prochain, pour les 700 ans de la mort de Dante.
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