Un étudiant ougandais reproche au président Museveni de l'empêcher de le suivre sur le réseau social, une atteinte à ses droits fondamentaux selon lui.

Le président de l'Ouganda Yoweri Museveni, lors d'un sommet à Luanda en Angola le 12 juillet 2019.
Le président de l'Ouganda Yoweri Museveni, lors d'un sommet à Luanda en Angola le 12 juillet 2019. © AFP / JOAO DE FATIMA

Il s'appelle Seguya Hillary Innocent Taylor, il étudie à la prestigieuse université américaine d'Harvard, et n'en est pas à son premier coup d'éclat.

Ici lors d'une conférence à Harvard, face au président ghanéen invité, il profite d'une question pour dire ceci : "Mon nom est Seguya Hillary Innocent Taylor, je suis Ougandais et je fais mon master de Relations Internationales à Harvard. J'aurais aimé que l'on puisse vous échanger contre le président de l'Ouganda, le dictateur Museveni qui est au pouvoir depuis 33 ans. Parce que là, nous lui disons "assez ! assez !", il doit partir." 

Aujourd'hui l'étudiant attaque le dirigeant de l'Ouganda en justice, car le Chef de l'Etat l'a bloqué sur twitter. Cela l'empêche de voir les messages de Museveni, d'y répondre et d'engager une conversation en ligne avec le président. Ça le prive de sa liberté de parole et d'expression, dit-il, de son droit à participer au débat public comme la Constitution ougandaise le garantit.  Selon sa défense, ce sont les propos lors de la conférence à Harvard qui ont pu provoquer ce blocage. Mais rien d'officiel ne lui a été notifié.

Cette passe d'armes survient moins d'un mois après une autre condamnation, celle de la militante ougandaise des Droits des Femmes Stella Nyanzi. Elle a qualifié dans un post Facebook le président Museveni de "sale dictateur, de délinquant". Elle vient d'être condamnée à 18 mois de prison pour cyberharcèlement.
On ne peut pas présager de la décision de la justice ougandaise, mais il y a deux ans, Donald Trump avait été condamné pour avoir bloqué des personnes sur twitter une violation du Premier Amendement selon la justice américaine.

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